Présentation et Biologie des Ascalaphes

Le mot Ascalaphe vient du grec ancien Ἀσκάλαφος qui signifie « hibou ». Ce nom est porté par des héros de la mythologie antique.

Espèces d'Ascalaphe présentes ou à étudier pour la Francce
Ordre
Neuroptera, Famille des Ascalaphidae Rambur, 1842, Sous-famille des Ascalaphinae Rambur, 1842

Bubopsis McLachlan, 1898
Bubopsis agrionoides (Rambur, 1838)

Deleproctophylla Lefebvre, 1842
Deleproctophylla australis (Fabricius, 1787)
Deleproctophylla dusmeti (Navás, 1914)

Libelloides Schäffer, 1763
Libelloides baeticus (Rambur, 1838)
Libelloides coccajus (Denis & Schiffermüller, 1775)
Libelloides corsicus (Rambur, 1842)
Libelloides cunii (de Selys Longchamps, 1880)
Libelloides hispanicus (Rambur, 1842)
Libelloides ictericus (de Charpentier, 1825)
Libelloides lacteus (Brullé, 1832)
Libelloides longicornis (Linnaeus, 1764)
Libelloides macaronius (Scopoli, 1763)
Libelloides petagnae (Costa, 1855)

Puer Lefebvre, 1842
Puer maculatus (Olivier, 1789)

Les Ascalaphes sont apparentés à l’ordre des Névroptères (ou Neuroptères Planipennes), comme les Fourmilions et les Chrysopes en raison des caractéristiques de l’appareil buccal des larves et de leurs ailes membraneuses armées de fortes nervures. Il existe plus de 430 espèces d’Ascalaphidés dans le monde, une dizaine seulement réside en France, essentiellement méridionale. Leur aspect peut être considéré comme intermédiaire entre des Libellules et des Papillons, ce qui leur donne un charme tout particulier. Au repos, ils tiennent leurs ailes en toit, comme les Cigales (Deliry & Faton 2017).

eclosion
© E.Lambert
Optevoz (Isère) 6 juin 2009
Eclosion des oeufs, vraisemblablement de Libelloides coccajus vu la date

Leurs yeux sont composés et leurs antennes sont très grandes, dilatées dans leur extrémité comme les papillons Rhopalocères. Ce sont des prédateurs dont la bouche est pourvue de fortes mandibules de type broyeur. Les ailes antérieures sont légèrement plus longues que les postérieures qui sont larges et triangulaires. Les Ascalaphes sont les seuls Névroptères à porter des couleurs vives sur leurs ailes : larges zones jaunes ou blanc-crème, tracés noirs souvent caractéristiques de chaque espèce. L’abdomen allongé comprend comme les Libellules 10 segments. Les mâles portent deux cerques poilus. C’est avec ces appendices du dernier segment que les mâles saisissent les femelles en vol. L’activité des Ascalaphes est strictement diurne. Ils ne volent volontiers que sous la chaleur du soleil. Le reste du temps, ils restent agrippés aux grandes herbes, parfois en groupe. Au-delà de 30°C, leur vol devient fulgurant et leur distance de fuite dépasse 5 mètres. Ils chassent et capturent des mouches et autres petits insectes en vol. Les larves ne font pas d’entonnoir comme les Fourmilions, on pense qu’elles vivent dans les anfractuosités des roches de leur habitat. Un rapprochement avec la famille très voisine des Nemopteridae est tentant dans la mesure où comme ces insectes, les larves sont cavernicoles.

Les Ascalaphes aiment les coteaux bien exposés, les pelouses rases, les landes, des bords de la mer jusqu’à 2000 m (maximum de 2800 m au Pic du Canigou selon Puissegur 1967). Les graminées semblent appréciées des Ascalaphes comme reposoirs et support de ponte. C’est dans la partie inférieure des chaumes qu’ils fixent leurs oeufs, sur deux rangées parallèles. La larve à une tête armée de longs crochets portant des dents. Elle vit au sol et se déplace vers l’avant sur de courtes pattes. On peut la trouver sous le tapis herbeux ou sous les pierres, surtout dans les endroits secs.

Elle vit deux ans à l’état larvaire, et seulement quelques semaines comme imago volant. La métamorphose a lieu dans un cocon de soie sécrétée par la larve. Un temps d’arrêt de 2 à 3 semaines permet la modification interne du corps de l’insecte. La tête perd ses crochets et l’abdomen s’allonge et s’enroule. Les ailes ne se gonflent qu’après l’éclosion.
LarvAscalaf
©© bync – Anonyme – Larve (Libelloides)
Monde des Insectes

L’espèce la plus répandue en France est Libelloides longicornis que l’on reconnaît de loin à la coloration des nervures alaires jaunes. Cette espèce a un vol assez tardif de la mi-juin à début août. Libelloides coccajus est également fréquent dans la moitié Sud de la France, mais remonte moins au Nord. C’est aussi une espèce plus précoce qui vole de la mi-avril à fin juin. (Deliry & Faton 2010).