Ascalaphidae Rambur, 1842 - Libelloides Schäffer, 1763
Libelloides coccajus (Denis & Schiffermüller, 1775) - Ascalaphe souffré
syn. - Libellula spuria Schäffer, 1763 (Nomen oblitum), Papilio coccajus Denis & Schiffermüller, 1775 (Nomen protectum), Ascalaphus italicus Fabricius, 1781, Ascalaphus meridionalis de Charpentier, 1825, Ascalaphus guttulatus Costa, 1855, Ascalaphus italicus leucocelius Costa, 1855, Ascalaphus libelloides van der Weele, 1909, Ascalaphus italicus costanus Navás, 1919, Ascalaphus libelluloides diaphanus Navás, 1926
• Schäffer J.C. 1763 - Das Zwiefalter-oder Afterjüngferchen. - Regensburg. - ONLINE - Planche ci-contre.
• Denis M. & Schiffermüller I. 1775 - Ankündigung eines systematischen Werkes von den Schmetterlingen der Wienergegend. - Wien. - ONLINE

L’Ascalaphe souffré est aussi nommé l’Ascalaphe libellule. [Ascalaphus] libelloides ne se trouve pas dans Schäffer (1763) contrairement à ce rapportent certains auteurs, il est dans van der Weele (1909) (Pantaleoni & Loru 2018). Par contre on trouve une description oubliée chez Schäffer sous Libellula spuria (nomen oblitum) (ill. ci-contre). L’hybride entre L.longicornis et L.coccajus existe et est nommé Ascalaphus x risi van der Weele, 1908, désormais Libelloides x risi.

Les grandes taches jaunes et les larges ailes de cette espèce sont bien caractéristiques. Elles lui donnent sa beauté qui ne manque pas d’attirer l’attention des naturalistes et du public en général. Si les individus plus précoces sont jaunes, certains individus de couleur blanc-laiteux apparaissent en cours de saison (forme blanche : leucelius Costa). En de rares localités, ils peuvent devenir majoritaires. Ce même phénomène a été observé en Italie, sans qu’il soit possible de déterminer un gradient géographique ou altitudinal. L’espèce est stable dans les Pyrénées orientales et dans l’Aude où on ne rencontre pas de forme blanche leucelius Costa. Notons que les femelles sont moins marquées que les mâles.

Espagne (Burmeister 1839) En Europe, l’espèce se trouve au nord de l’Espagne, remonte jusqu’en Allemagne méridionale et quelques points d’Europe centrale, ainsi que localisé au nord de la péninsule italienne et en Sicile. En France : cet Ascalaphe est présent des Pyrénées aux Alpes et le Jura en passant par le sud du Massif Central et la Vallée du Rhône. Il monte plus au nord, mais est particulièrement rare alors et localisée dans les habitats les plus thermophiles. Rare à très rare dans divers départements (en jaune clair sur la carte) (Deliry & Faton 2017).

Il est présent des Pyrénées aux Alpes et le Jura en passant par le sud du Massif Central et la Vallée du Rhône. Ce grand Ascalaphe remonte moins que Libelloides longicornis dans le Nord-Ouest de la France, mais semble plus fréquente dans l’Est. Il faudrait préciser et actualiser la connaissance de la répartition, notamment dans l’Ouest où il devrait être présente jusqu’aux rivages de l’Atlantique.

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Ain, Alpes Maritimes, Ardèche, Ariège (Puissegur 1967), Aube (2005, V.Ternois : Deliry & Faton 2017), Aude (Puissegur 1967 ; Mazel 2001), Alpes de Haute Provence, Hautes Alpes, Bouches du Rhône (Puissegur 1967), Cher (S.Gressetette : Deliry & Faton 2017), Côte d’Or, Doub (Bitsch 1963), Drôme, Gard (Puissegur 1967 ; carte ci-contre : © 2006 - J.M.Faton & R.Matthieu), Gers (2006, Deliry & Faton 2017), Haute Garonne (Puissegur 1967), Haute Marne (2004, R.Leconte : Deliry & Faton 2017), Haut Rhin (Bitsch 1963), Haute Saône (1978, P.Vian : Deliry & Faton 2017), Landes (2002, T.Galetier : Deliry & Faton 2017), Loiret (2006, F.Archaux : Deliry & Faton 2017), Lozère (Puissegur 1967), Nièvre (Boitier & Dupuy 1998), Puy de Dôme (Boitier in Deliry & Faton 2017), Pyrénées orientales (Puissegur 1967 ; Mazel 2001), Saône et Loire, Var (Puissegur 1967). Serait aussi vers Paris (Bitsch, 1963).Il est présent des Pyrénées aux Alpes et le Jura en passant par le sud du Massif Central et la Vallée du Rhône. Ce grand Ascalaphe remonte moins que L. longicornis dans le Nord-Ouest de la France, mais semble plus fréquente dans l’Est. Il faudrait préciser et actualiser la connaissance de la répartition, notamment dans l’Ouest où il devrait être présente jusqu’aux rivages de l’Atlantique. Ain, Alpes Maritimes, Ardèche, Ariège (Puissegur 1967), Aude (Puissegur 1967 ; Mazel 2001), Alpes de Haute Provence, Hautes Alpes, Bouches du Rhône (Puissegur 1967), Côte d’Or, Doub (Bitsch 1963), Drôme, Gard, Haute Garonne, Lozère (Puissegur 1967), Pyrénées orientales (Puissegur 1967 ; Mazel 2001), Haut Rhin (Bitsch 1963), Saône et Loire, Var (Puissegur 1967). Serait aussi vers Paris (Bitsch 1963).

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© F.Archaux – Photographie historique du 26 juin 2006, Nogent sur Vernisson (Loiret)

En forte régression en Charente-Maritime suite à la fermeture des pelouses calcicoles, cet Ascalaphe est inscrit sur la liste des espèces déterminantes ZNIEFF de Poitou-Charente avec l’espoir d’organiser des actions de conservation sur plusieurs de ses localités (P.Jourde, in litt.) (Deliry & Faton 2010).


Cartographie - Deliry & Faton (2017)


Cartographie ONEM au 18 janvier 2019 - ©© bysa - Enquête sur les Ascalaphes

Des mentions plus au nord concernent pour partie de nouvelles stations et peut-être une colonisation du territoire.

Pas de milieu très particulier, autant dans les forêts claires que dans les zones ouvertes, dans la végétation épaisse ou sur les éboulis. Il fréquente les milieux herbacés en pays calcaire ou sur sols acides, de très secs à franchement humides entre 300 et 1500 m d’altitude (Mazel, 2001). Il peut être très abondant localement, dans des secteurs riches en orchidées et papillons. Les versants bien exposés et rocheux sont abondamment fréquentés sur calcaire, basalte ou granite. Puisségur (1967) signale que L. longicornis fréquente également des près salés des basses plaines languedociennes, localités où il n’a pas rencontré L. coccajus. La présence de rochers est probablement plus importante pour cette dernière.

Vole à partir de mai, mais surtout en juin et jusqu’à juillet plus haut en altitude. A Hyères l’espèce était relativement abondante le 4 avril 2002, alors que totalement absente pendant la période du 16 au 18 avril 2003 (A.Blasco). Ceci suggère-t-il une période de vol très brève, une variation inter-annuelle des effectifs ou des dates ? Premier individu noté le 13 avril 2003 à St André en Royans (38 – R.Gonzalez). Premiers individus (15 !) notés à la Baume Cornillane le 19 avril 2003 (26 – J.M.Faton). Noté le 24 avril 2003 dans la Basse Vallée de l’Ain (01 – D.Genoud). Elle est annoncée de la mi avril à mi (fin) juin ; l’espèce vole en compagnie de L.longicornis qui fréquente les mêmes milieux sur une courte période potentielle d’une quinzaine de jours au mois de juin (J.M.Faton).


©© bysa - Martin Zahnd - Wikimedia Commons