Ascalaphidae Rambur, 1842 - Libelloides Schäffer, 1763
Libelloides longicornis (Linnaeus, 1764) - Ascalaphe ambré
syn. - Hemerobius longicornis Linnaeus, 1764, Ascalaphus italicus Olivier, 1789 (nec Fabricius, 1781), Ascalaphus barbarus Burmeister, 1839 (nec Linnaeus, 1768), Libelloides longicornis var. c-nigrum Latreille, 1807, Ascalaphus macaronius Meyer-Dür, 1877 (nec Scopoli, 1763), Ascalaphus libelluloides bolivari van der Weele, 1909, Ascalaphus longicornis c-disjunctus Puisségur, 1968, Ascalaphus longicornis montanus Monserrat, 1977, Libelloides longicornis aspoeckiaspoeckaeque Aistleitner, 1980, Libelloides longicornis boixolsius Aistleitner, 1980, Libelloides longicornis penibeticus Aistleitner, 1980, Libelloides longicornis ramiroi Aistleitner, 1980, Libelloides longicornis veronensis Aistleitner, 1981
Linnaeus C. 1764 - Museum s:æ r:æ m:tis Ludovicæ Ulricæ reginæ svecorum, gothorum, vandalorumque. - Holmiae.

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©© bync – Thierry Arbault – Jeune individu – Flore de France

Aussi nommé Ascalaphe septentrional, l’Ascalaphe ambré présente deux sous-espèces : L.longicornis bolivari van der Weele (sensu Puissegur inclus dans L.l.bolivari sensu princeps) : Languedoc et Roussillon au nord de l’Espagne et L.longicornis c-nigrum Latreille (syn. (?) disjunctus Puissegur) : ailleurs. Toutefois des variants sans « c » caractéristique de cette dernière sous-espèce sont connus dans le Massif Central notamment dans l’Aveyron. La sous-espèce bolivari est très marquée à ce niveau, la tache étant fermée en « o » vers l’apex de l’aile. L’hybride entre longicornis et coccajus existe et est nommé Ascalaphus x risi van der Weele, 1909 et en l'occurrence Libelloides x risi.

L’espèce se trouve dans la péninsule Ibérique, le sud de l’Italie et localement en Dalmatie. Elle est localisée en Allemagne occidentale. Surtout dans le Midi de la France, mais elle se propage dans le nord (Fontainebleau), Espagne (Rambur 1842).
L’espèce se trouve dans la péninsule Ibérique, en Italie (Deliry & Faton 2017), découverte en Slovénie (Devetak 2007), Sicile. Elle est localisée en Allemagne occidentale. Bien que remontant jusque dans les Ardennes en France, l’espèce n’est pas signalée ni en Belgique, ni dans le Luxembourg. C’est l’espèce la plus répandue en France, des calanques de Cassis aux coteaux ensoleillés de la Seine à la Normandie. Elle semble particulièrement rare dans bon nombre de départements (vert clair sur la carte) (Deliry & Faton 2017, hic 2019).

Ibéro-celtique. C’est l’espèce la plus répandue en France, des calanques de Cassis aux coteaux ensoleillés de la Seine aux portes de la Normandie. Les données récentes dans la partie Est de sa répartition sont cependant rares, ainsi que dans l’Ouest. La carte souligne la nécessité d’entreprendre un travail national sur la répartition des Ascalaphes. Remy (1948) le signale en Normandie, Touraine, Champagne, Ardennes et Sud de l’Alsace.

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©© byncsa - Cyrille Deliry - Histoires Naturelles

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Aisne (1999, MF : Archaux & al. 2011), Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes (Bitsch 1963), sud de l’Alsace (Rémy 1948), Ardèche (Puissegur 1964), Ardennes (avant 1948, PR : Archaux & al. 2011), Ariège (Puissegur 1967), Aube (1995 : Leconte 2009), Aude (Puissegur 1967), Aveyron (Puissegur 1967), Auvergne (assez commune : B.Gillard, in litt.), Charente (2000, F.Herbrecht : Deliry & Faton 2010), Charente-Maritime (P.Jourde : Deliry & Faton 2010), Cher (2005, B.Rochelet : Deliry & Faton 2010 ; 2005, SGr : Archaux & al. 2011), Côte-d’Or (1924 : Bitsch 1963), Deux-Sèvres (2005, J.P.Garnier : Deliry & Faton 2010), Doubs (Bitsch 1963), Drôme (Puissegur 1963 ; cartographie : © 2006 Jean-Michel Faton et Roger Matthieu), Essone (1845, APi : Archaux & al. 2011 ; espèce commune), Eure (1928 : Gadeau de Kerville in Séméria & Berland 1988 ; précisé RO : Archaux & al. 2011), Eure-et-Loir (1846, EBLC : Archaux & al. 2011 ; 2004, J.P.Garnier : Deliry & Faton 2010), Gard (Puissegur 1967), Haut-Rhin (avant 1948, PR : Archaux & al. 2011 ; Bitsch 1963), Haute-Marne (1970, HI : Archaux & al. 2011), Haute-Saône (1978, P.Vian : Deliry & Faton 2010), Hautes-Alpes (Puissegur 1967), Hérault (Puissegur 1967), Indre (2005, B.Rochelet : Deliry & Faton 2010), Indre-et-Loire (1906, CAl : Archaux & al. 2011 ; 2006, B.Rochelet : Deliry & Faton 2010), Jura (1992, JeB : Archaux & al. 2011), Loir-et-Cher (1982, ClA, GLu : Archaux & al. 2011), Loiret (avant 1888, ALC, GAP : Archaux & al. 2011), Lot (2005, N.Komeza : Deliry & Faton 2010), Lozère (Puissegur 1967), Maine-et-Loire (1870, PAMLT : Archaux & al. 2011 ; F.Herbrecht, in litt., F.Noël : Deliry & Faton 2010), Marne (1908, LDe : Archaux & al. 2011) – n’a pas été revu depuis 1948 -, Meurthe-et-Moselle (1994 : Jacquemin & Sardet 2003), Meuse (1967 : Archaux & al. 2011 ; 1986 : Jacquemin & Sardet 2003), Puy-de-Drôme (1951 : Hovasse 1957 ; rare : E.Boitier, in litt.), Pyrénées-Orientales (Puissegur 1967), Sarthe (2005, ALa, GH : Archaux & al. 2011), Saône-et-Loire (2008, RE : Archaux & al. 2011), Seine-et-Marne (1855, EDS : Archaux & al. 2011), Vienne (2006, B.Rochelet : Deliry & Faton 2010), Vosges (1999 : Jacquemin & Sardet 2003), Yonne (1984, RE : Archaux & al. 2011), Yvelines (2009, SG : Archaux & al. 2011). Les mentions sur les autres départements sont postérieures à 2009 et concernent essentiellement l’enquête nationale de l’ONEM sur les Ascalaphes. On trouve ainsi les départements de l’Ain, du Cantal, la Creuse, du Doubs, la Haute-Loire, la Loire, la Savoie, la Haute-Savoie, etc. qui sont autant de localités non traitées par la littérature.

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Etat des connaissances en 2009
©© byncsa – Cyrille Deliry – Histoires Naturelles


Cartographie - Deliry & Faton (2017)

Si les observation de l’Ascalaphe ambré semblent localisées dans la proche région parisienne au XIXe siècle, les connaissances antérieures comparées à celles postérieures à 2000 ne montrent pas de différences significatives de répartition, sinon une simple augmentation du nombre de mentions (voir Archaux & al. 2011) ce qui pourrait correspondre à une augmentation des populations, mais ces mêmes auteurs pensent que les populations orientales sont en déclin. La stabilité géographique est confirmé si on se base sur Séméria & Berland (1988) qui donnent cet Ascalaphe dans l’ensemble de la France jusqu’à la région parisienne. Ils précisent Gadeau de Kerville qui signalait l’espèce en Normandie sur des coteaux calcaires en bordure de la forêt de Louviers (juillet 1928) ; elle y est toujours probablement. Elle est par contre, en forte régression en Charente-Maritime, suite à la fermeture des pelouses calcicoles, cet Ascalaphe est inscrit sur la liste des espèces déterminantes de Poitou-Charente avec l’espoir d’organiser des actions de conservation sur plusieurs de ses localités (P.Jourde, com.pers.).


Cartographie ONEM au 18 janvier 2019 - ©© bysa - Enquête sur les Ascalaphes

Dans la partie septentrionale de sa répartition, il se rencontre volontiers dans les landes et pelouses à Brome érigé (Bromus erectus) des coteaux calcaires. Plus au Sud, Puisségur (1967) signale que L. longicornis et L. coccajus semblent avoir des exigences et des tolérances voisines et sont souvent associés dans les mêmes habitats. On les rencontre dans les pelouses méso-hydrophyles et mésophiles, dans différences prairies de montagne en lisières des boisements de hêtre, sapins ou mélèze, plus bas, les landes et pelouses meso-xérophiles, plus au moins colonisée par le Pin sylvestre sont également attractives. Les formations plus fermées de garrigue ou de maquis sont moins favorables. L’espèce est notée de 100 à 1700 m et plus d’altitude (Deliry & Faton 2017). L’espèce est tardive. La période de vol est annoncée de la mi (début) juin à début août ; l’espèce vole en compagnie de Libelloides coccajus qui fréquente les mêmes milieux sur une courte période potentielle d’une quinzaine de jours au mois de juin (J.M.Faton). La coloration des nervures en jaune est reconnaissable de loin et en vol. Selon les régions, l’étendue de la tache en demi-lune sur l’aile postérieure est variable, les différents auteurs constatant que certains exemplaires du Sud et de l’Ouest du massif central ont une tâche mince et interrompue (voire quasi absente dans l’Hérault).

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© F.Herbrecht – Puymouen (Charente) en août 2000 – Photographie historique


©© byncsa - C.Deliry (Col du Noyer, Hautes-Alpes - 5 juillet 2009) - Histoires Naturelles