Aegolius funereus : Différence entre versions

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== ''Aegolius funereus'' (Linnaeus, 1758) ==
 
== ''Aegolius funereus'' (Linnaeus, 1758) ==
Chouette de Tengmalm<br>
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Chouette de Tengmalm - Tengmalm Owl - ''Strigidae''<br>
 
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Nicheuse en déclin en Europe (1994).
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{{REP}} - Forêts de conifères de la zone Holarctique, typique de la taïga et de quelques zones de montagne : Eurasie, Amérique du Nord jusqu'au Labrador et Terre Neuve. Nicheuse en déclin en Europe (1994), mais non menacée. Les populations restent bien établie en Scandinavie, Roumanie et Russie. Sédentaire, avec un certain erratisme des populations les plus septentrionales. 110.000-350.000 couples dans le Monde, stable voire en augmentation.
  
 
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'''France''' - A surveiller (1997), espèce fluctuante (1997). Nicheuse sédentaire assez rare, fluctuante.<br>
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'''France''' - A surveiller (1997) (CMAP 5), espèce fluctuante (1997). Nicheuse sédentaire assez rare, fluctuante.<br>
Niche dans les Ardennes, les Vosges, le Jura, les Alpes, le Massif Central et les Pyrénées, ponctuellement en Bourgogne. 1500-2500 couple (1997) [2]. Hiverne discrètement sur les mêmes secteurs.
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Niche dans les Ardennes, les Vosges, le Jura, les Alpes, le Massif Central et les Pyrénées, ponctuellement en Bourgogne, Champagne ou Lorraine. 1500-2500 couple (1997) [2]. Hiverne discrètement sur les mêmes secteurs.<br>
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> [http://rapaces.lpo.fr/chevechette-tengmalm/tengmalm Petites Chouettes de Montagne (LPO)]<br>
  
'''Habitats''' - Vit dans les forêts de résineux avec un sous-bois abondant, en altitude dans le centre de l'Europe, mais en expansion lente vers les plaines. La Chouette de Tengmalm recherche les vieux arbres pour nicher en bordure de forêts et chasse dans les clairières voisines. Son abondance est liée aux disponibilités en micromammifères.
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'''Habitats''' - Vit dans les forêts de résineux avec un sous-bois abondant, en altitude dans le centre de l'Europe, mais en expansion lente vers les plaines. La Chouette de Tengmalm recherche les vieux arbres pour nicher en bordure de forêts et chasse dans les clairières voisines. En Vanoise elle peut occuper des hêtraies d'altitude. En France elle est généralement présente entre 700 et 2250 m, mais peut se trouver plus bas en Bourgogne et dans les régions voisines (dès 250 m d'altitude). Son abondance est liée aux disponibilités en micromammifères.
  
'''Phénologie''' - Elle chante selon deux période de février à mai et de septembre à novembre.
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'''Phénologie''' - Elle chante selon deux période de février à mai et de septembre à novembre. Sa longévité est proche des 8 ans.
  
 
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Représentée par le type. Nicheuse montagnarde sédentaire assez rare, en expansion sur fond de fluctuations. On estimait ses populations à 350-1850 couples dans les années 2000. L'espèce semble se disperser un peu en période internuptiale. L'expansion de l'espèce touche outre les massifs alpins (ses effectifs semblent avoir doublé en Isère entre les années 1980 et les années 2000), aussi le Massif central. C'est une nouveauté en Ardèche dans les années 2010.<br>
 
Représentée par le type. Nicheuse montagnarde sédentaire assez rare, en expansion sur fond de fluctuations. On estimait ses populations à 350-1850 couples dans les années 2000. L'espèce semble se disperser un peu en période internuptiale. L'expansion de l'espèce touche outre les massifs alpins (ses effectifs semblent avoir doublé en Isère entre les années 1980 et les années 2000), aussi le Massif central. C'est une nouveauté en Ardèche dans les années 2010.<br>
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35 territoires dans l'Ain, espèce discrète, très localisée dans le Rhône où au plus deux couples sont installés, mal étudiée dans la Loire où elle est néanmoins présente. On connaît une dizaine de couples dans le Haut Vivarais et les Boutières en Ardèche [2018-19].
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Côté Massif Alpin, les prospections sont lâches et diffuses. Les populations de Haute Savoie ou de l'Isère sont à actualiser car leurs effectifs récents ne sont pas donnés, le nombre de territoire est assez limité en Savoie où un peu plus d'une vingtaine de couples sont identifiés, à prospecter. Elle est principalement connue dans le Vercors pour la Drôme avec une 15aine de chanteurs. Près de 150 sites sont connus dans les Hautes Alpes [2018-19].
  
 
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Record de 5 à 7 individus en novembre 1983 à Gresse en Vercors (Isère - J.P.Viéron).
 
Record de 5 à 7 individus en novembre 1983 à Gresse en Vercors (Isère - J.P.Viéron).
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Elle est présente dans les Monts du Livradois où plus de 80 couples sont connus, mais semblent en déclin. Cinq couples concernent la Chaîne des Puy. On connaît en outre quelques couples, mal suivis, dans les Monts du Forez et les Bois Noirs. Connue en outre en Margeride, le suivi de l'espèce y est insuffisant [2018-19].
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{{HN}} - Au début du XXe siècle c'était un oiseau rare dans les massifs du Dauphiné. Elle était connue dans les forêts de montagne comme vers Villars de Lans, la Grand Chartreuse, etc. (Lavauden 1911). Ménégaux (1932) indique l'espèce des forêts montagneuses du Nord, du Centre, de l'Est de l'Europe. Dans le Jura, les Alpes, les Vosges, la Savoie, le Dauphiné, signalée aussi en Provence, dans le Var probablement en quête de nourriture. En forte extension vers l'ouest, en faible augmentation en Europe, tend à l'expansion vers l'ouest. Les progrès de l'ornithologie explique peut-être cette progression, alors de connaissances. Toutefois les mentions récentes en Côte-d'Or (1963), Hesse (1968), Normandie et les Pyrénées Orientales (1964) et enfin la Belgique (1968) correspondent à une sérieuse extension de ses habitats. L'espèce semble dans le cas de la Belgique, suivre l'installation récent du Pic noir, dont elle occupe les cavités (Yeatman 1971). Cette espèce montre dans la Région Rhône-Alpes, une extension de son aire, notamment en dehors du domaine alpin. Selon Lebreton (1977), les recherches menées jusqu'alors dans le Massif Central (Pilat, notamment) sont restées vaines. Elle est depuis contrôlée en quelques points de ce Massif.<br>
 
{{HN}} - Au début du XXe siècle c'était un oiseau rare dans les massifs du Dauphiné. Elle était connue dans les forêts de montagne comme vers Villars de Lans, la Grand Chartreuse, etc. (Lavauden 1911). Ménégaux (1932) indique l'espèce des forêts montagneuses du Nord, du Centre, de l'Est de l'Europe. Dans le Jura, les Alpes, les Vosges, la Savoie, le Dauphiné, signalée aussi en Provence, dans le Var probablement en quête de nourriture. En forte extension vers l'ouest, en faible augmentation en Europe, tend à l'expansion vers l'ouest. Les progrès de l'ornithologie explique peut-être cette progression, alors de connaissances. Toutefois les mentions récentes en Côte-d'Or (1963), Hesse (1968), Normandie et les Pyrénées Orientales (1964) et enfin la Belgique (1968) correspondent à une sérieuse extension de ses habitats. L'espèce semble dans le cas de la Belgique, suivre l'installation récent du Pic noir, dont elle occupe les cavités (Yeatman 1971). Cette espèce montre dans la Région Rhône-Alpes, une extension de son aire, notamment en dehors du domaine alpin. Selon Lebreton (1977), les recherches menées jusqu'alors dans le Massif Central (Pilat, notamment) sont restées vaines. Elle est depuis contrôlée en quelques points de ce Massif.<br>
 
Voir aussi historique isérois [1].
 
Voir aussi historique isérois [1].
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{{BIO}} - Elle se nourrit de Micromammifères comme les Mulots ou les Campagnols, quelques Insectes, très rarement d'Oiseaux.
  
 
{{Pv|Aegfun.jpg|©© bysa - Pseudonyme - Wikimedia commons}}
 
{{Pv|Aegfun.jpg|©© bysa - Pseudonyme - Wikimedia commons}}

Version actuelle datée du 27 juillet 2020 à 09:51

Oiseau.png

Ma Biodiv' > Vertébrés > Oiseaux > Rapaces nocturnes

Aegfun.gif

Aegolius funereus (Linnaeus, 1758)

Chouette de Tengmalm - Tengmalm Owl - Strigidae
syn. - Nyctale boréale

Faible risque - LC (Stable)

Description sommaire - Elle mesure environ 25 cm et envergure entre 54 et 62 cm, pour un poids de 100 g pour les ♂ et de 160 g pour les ♀.

Répartition - Forêts de conifères de la zone Holarctique, typique de la taïga et de quelques zones de montagne : Eurasie, Amérique du Nord jusqu'au Labrador et Terre Neuve. Nicheuse en déclin en Europe (1994), mais non menacée. Les populations restent bien établie en Scandinavie, Roumanie et Russie. Sédentaire, avec un certain erratisme des populations les plus septentrionales. 110.000-350.000 couples dans le Monde, stable voire en augmentation.

Glapaseu.png
Jaune : estivant - vert : résident - bleu : hivernant
38.000-68.000 couples en Europe communautaire (1994)
© Site de la CEE

France - A surveiller (1997) (CMAP 5), espèce fluctuante (1997). Nicheuse sédentaire assez rare, fluctuante.
Niche dans les Ardennes, les Vosges, le Jura, les Alpes, le Massif Central et les Pyrénées, ponctuellement en Bourgogne, Champagne ou Lorraine. 1500-2500 couple (1997) [2]. Hiverne discrètement sur les mêmes secteurs.
> Petites Chouettes de Montagne (LPO)

Habitats - Vit dans les forêts de résineux avec un sous-bois abondant, en altitude dans le centre de l'Europe, mais en expansion lente vers les plaines. La Chouette de Tengmalm recherche les vieux arbres pour nicher en bordure de forêts et chasse dans les clairières voisines. En Vanoise elle peut occuper des hêtraies d'altitude. En France elle est généralement présente entre 700 et 2250 m, mais peut se trouver plus bas en Bourgogne et dans les régions voisines (dès 250 m d'altitude). Son abondance est liée aux disponibilités en micromammifères.

Phénologie - Elle chante selon deux période de février à mai et de septembre à novembre. Sa longévité est proche des 8 ans.

Rad.png
[Rhône-Alpes & Dauphiné]

VU 2008
Représentée par le type. Nicheuse montagnarde sédentaire assez rare, en expansion sur fond de fluctuations. On estimait ses populations à 350-1850 couples dans les années 2000. L'espèce semble se disperser un peu en période internuptiale. L'expansion de l'espèce touche outre les massifs alpins (ses effectifs semblent avoir doublé en Isère entre les années 1980 et les années 2000), aussi le Massif central. C'est une nouveauté en Ardèche dans les années 2010.
35 territoires dans l'Ain, espèce discrète, très localisée dans le Rhône où au plus deux couples sont installés, mal étudiée dans la Loire où elle est néanmoins présente. On connaît une dizaine de couples dans le Haut Vivarais et les Boutières en Ardèche [2018-19]. Côté Massif Alpin, les prospections sont lâches et diffuses. Les populations de Haute Savoie ou de l'Isère sont à actualiser car leurs effectifs récents ne sont pas donnés, le nombre de territoire est assez limité en Savoie où un peu plus d'une vingtaine de couples sont identifiés, à prospecter. Elle est principalement connue dans le Vercors pour la Drôme avec une 15aine de chanteurs. Près de 150 sites sont connus dans les Hautes Alpes [2018-19].

Aegfunra.png
©© bysa - Cyrille Deliry - Histoires Naturelles
Légende carte
Aehfunh.jpg
Evolution depuis entre les années 1960 et 2000

Record de 5 à 7 individus en novembre 1983 à Gresse en Vercors (Isère - J.P.Viéron).

Auv.png
[Auvergne]

Elle est présente dans les Monts du Livradois où plus de 80 couples sont connus, mais semblent en déclin. Cinq couples concernent la Chaîne des Puy. On connaît en outre quelques couples, mal suivis, dans les Monts du Forez et les Bois Noirs. Connue en outre en Margeride, le suivi de l'espèce y est insuffisant [2018-19].

Lim.png
[Limousin]

Le nombre de couples reste très limité dans la montagne limousine, moins d'une dizaine [2018-19].

Aqu.png
[Aquitaine]

Seule une localité semble occupée dans les Pyrénées Atlantiques [2018-19].

Histoire Naturelle - Au début du XXe siècle c'était un oiseau rare dans les massifs du Dauphiné. Elle était connue dans les forêts de montagne comme vers Villars de Lans, la Grand Chartreuse, etc. (Lavauden 1911). Ménégaux (1932) indique l'espèce des forêts montagneuses du Nord, du Centre, de l'Est de l'Europe. Dans le Jura, les Alpes, les Vosges, la Savoie, le Dauphiné, signalée aussi en Provence, dans le Var probablement en quête de nourriture. En forte extension vers l'ouest, en faible augmentation en Europe, tend à l'expansion vers l'ouest. Les progrès de l'ornithologie explique peut-être cette progression, alors de connaissances. Toutefois les mentions récentes en Côte-d'Or (1963), Hesse (1968), Normandie et les Pyrénées Orientales (1964) et enfin la Belgique (1968) correspondent à une sérieuse extension de ses habitats. L'espèce semble dans le cas de la Belgique, suivre l'installation récent du Pic noir, dont elle occupe les cavités (Yeatman 1971). Cette espèce montre dans la Région Rhône-Alpes, une extension de son aire, notamment en dehors du domaine alpin. Selon Lebreton (1977), les recherches menées jusqu'alors dans le Massif Central (Pilat, notamment) sont restées vaines. Elle est depuis contrôlée en quelques points de ce Massif.
Voir aussi historique isérois [1].

Eléments de Biologie - Elle se nourrit de Micromammifères comme les Mulots ou les Campagnols, quelques Insectes, très rarement d'Oiseaux.

Aegfun.jpg
©© bysa - Pseudonyme - Wikimedia commons
Aegfun1.jpg
Illustration de Serge Nicole
© Site de la Commission européenne

[1] - Historique isérois - Les premiers éléments balbutiants sont rassemblés à la fin des années 1970. Au début des années 1980, l'espèce est l'objet d'une enquête départementale.
Dans le massif de Belledonne, localisée vers Freydières (Bronner 1978), mais connu ailleurs, notamment vers le Luitel ; en Chartreuse chanteur sur St Pierre d'Entremont (habert de la Dame, 1500 m) en 1976 (CORA Isère 1978), signalé sur le massif en 1977 (CORA Isère 1978b), 5 chanteurs cantonnés sur les Hauts Plateaux en 1978 (Drillat 1978), sur Chapareillan, Ste Marie du Mont et St Bernard du Touvet en 1979 (Duc & Cistac 1982-83), répétition des observations sur des localités connues en 1980 (Duc & Cistac 1982-83) ; signalé sur le Vercors en 1977 (CORA Isère 1978b), sur Corrençon (Duc & Cistac 1982-83). Le Bilan de 1984 laisse apparaître une soixantaine de sites, sur le Vercors, la Chartreuse, Belledonne, mais aussi en Trièves, Grandes Rousses et Matheysine (Pambour 1985). L'ensemble des districts naturels de montagne sont de fait occupés, marginale en Trièves et Mateysine, rare dans les Grandes Rousses, bien représentée dès 1200 m d'altitude, parfois moins (880-1850 m; maximum entre 1300 et 1500 m, ainsi qu'autour de 1700 m), notamment dans le Vercors (23 localités) et la Chartreuse (11), mais aussi en Belledonne (13) et en Oisans (7) ; au total 63 localités recensées ; 32 nichoirs ont été posés (Billard & Villaret 1985). Nicheur en augmentation et expansion récente. Au moins 125 couples connus en Isère en 2005, contre 60 en 1984 (progression à la fois des connaissances et des effectifs).
[2] - Les populations rhônalpines ont été estimées à 300-600 couples [1988], 300-2500 c. [1997-98], en augmentation et en expansion.