Poissons de France

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Références générales

• Allardi J. & Keith P. (coord.) 1991 - Atlas préliminaire des Poissons d'eau douce de France. - MNHN, SFF, Coll. Patrim. Nat. N°4 : 233 pp.
• Arnoult J. 1957 - Sur quelques Poissons rares et peu connus dans les eaux douces de France. - Bull. Mus. Hist. Nat, 6 : 464-466.
• Blanchard E. 1866 - Les Poissons d'eau douce de la France. - Baillière, Paris.
• Belloc E. 1899 - Noms scientifiques et vulgaires des principaux Poissons & Crustacés d'eau douce suivis d'un Index bibliographique. - Masson, Paris.
• Deliry C. 2017 - Catalogue des Poissons de Rhône-Alpes. - Histoires Naturelles n°3 (Première édition 2009).
• Denys G. 2015 - Taxonomie intégrative des poissons d'eau douce de France métropolitaine. - Thèse MNHN.
• Dottrens E. 1951 - Poissons d’eau douce. 2 vol. Delachaux & Niestlé, Neuchâtel.
• Keith P. & Allardi J. 1997 - Bilan des introductions de Poissons d'eau douce en France. - Bull. Fr. Pêche Piscic., 344/345 : 181-191.
• Keith P. & Allardi J. 2001 - Atlas des poissons d'eau douce de France. - Min. de l'Ecologie, MNHN, Paris.
• Keith P. & al. (coord.) 2020 – Les Poissons d’eau douce de France. Deuxième édition. – MNHN, Biotope : 704 pp.
• Kottelat M. & Freyhof J. 2007 - Handbook of European freshwater fishes. - Berlin : 646 pp.
• Miquet A. (réd.) 2000 – Livre blanc de la faune de Savoie. Poissons, amphibiens, reptiles, oiseaux et mammifères sauvages : inventaire, bilan des connaissances, statut. – Cora Savoie, Le Bourget-du-Lac : 272 pp.
• Perrin J.F. 2010 - Poissons d'eau douce : un vingtième siècle très troublé. - Bull. Soc. Linn. Lyon, hs n°2 : 1-9.
• PNE & Crave 1995 – Faune sauvage des Alpes du Haut-Dauphiné. Atlas des Vertébrés. Tome 1. Poissons, Amphibiens, Reptiles, Mammifères. – Parc National des Ecrins, Crave.
• Poulet N., Beaulaton L. & Dembski S. (réd.) 2013 - Tendances évolutives des populations de Poissons de 1990 à 2009. - Les Synthèses, 7.
• Rondelet G. 1558 - L'Histoire entière des Poissons. - Bonhome, Lion.
• Spillmann C.J. 1961 - Poissons d'eau douce. - Faune de France, 65.
• UICN (Comité français), MNHN, SFI & AFB 2019 - La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Poissons d’eau douce de France métropolitaine. - Paris, France. - PDF LINK

Généralités

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La plupart de nos Poissons sont des Actinoptérygiens, c'est à dire des Poissons à nageoires rayonnées. Actuellement le concept de Poissons n'est plus accepté car il s'agit d'un système paraphylétique. En d'autres termes, si les Poissons existent, tous les Vertébrés sont des Poissons, y compris les Oiseaux ou les Mammifères ! Il convient donc d'accepter que cet ensemble aujourd'hui en phase de tomber en désuétude est composé de plusieurs groupes ayant une même valeur phylogénétique que d'autres ensembles de Vertébrés : les Myxines, les Lamproies, les Sélaciens ou Chondrichthyens sont autant d'ensembles primitifs. Les autres Vertébrés sont des Ostéichthyens ce qui signifie Poissons à squelette osseux. Tant la Grenouille que le Crocodile ou que l'Homme appartiennent à cet ensemble où on trouve outre les Actinoptérygiens, les Actinistiens (Coelacanthes) ou les Dipneustes. En France on trouve des Myxines, des Lamproies et des Poissons à nageoires rayonnées.
Si les connaissances sur les Poissons de France sont avancées dans l'est, en particulier le sud-est du pays et en Corse, il n'en est pas de même dans le reste du pays où les mentions sont plus éparses.
Parmi nos Poissons, bon nombres ont été introduits dans les eaux douces.

La science qui étudie les Poissons se nomme Ichthyologie. On connaît près de 22000 espèces actuelles dans le Monde et on en estime le nombre à plus de 33000. Plus d'un millier a été classé comme menacé par l'UICN. En France on continue encore de nos jours à distinguer de nouvelles espèces comme le cas des Vairons [2020].
Les Poissons ayant un plan d'organisation fondamental pour partie à l'origine des Tétrapodes (Amphibiens, Reptiles, Oiseaux et Mammifères), ils englobent cet ensemble. Les Poissons correspondent et englobent en réalité à l'ensemble des Vertébrés. Par ailleurs, il s'agit d'un ensemble paraphylétique où il convient en première approximation de distinguer les Lamproies, les Sélaciens et les Téléostéens. Mais il existe de nombreux autres groupes indépendants les uns des autres. Selon les définitions usuelles, les Poissons sont des Vertébrés aquatiques développant généralement des branchies et pourvus de nageoires, dont le corps est le plus généralement couvert d'écailles. Ceux-ci vivent en milieu aquatique tant en eau douce, que saumâtre ou eau de mer, parfois même dans les aquifères souterrains de certaines grottes. Il y en a depuis les zones de sources aux fosses marines les plus profondes. Ils ont ainsi conquis l'essentiel de l'Hydrosphère terrestre. Les relations des Poissons avec l'Homme se caractérisent par les études zoologiques, la pêche, la surpêche, la pisciculture, l'aquariophilie... du point de vue social, ils sont un symbole fondamental du christianisme antique, dieux, objets de contes et légende, livres ou films... dans les milieux continentaux, une démarche d'introduction, d'acclimatation accidentelle ou non se traduit régulièrement par un bouleversement de l'icthyofaune de diverses régions du Monde.
Cet ensemble paraphylétique comprend les Pétromyzontides qui sont agnathes, les Sélaciens ou Condrichthyens, les Actinoptérygiens comprenant notamment les Téléostéens, les Sarcoptérygiens incluant des Poissons pulmonés tels les Dipneustes et les Coelancanthes et les Actinistiens. On y associe parfois les Myxines qui ne présentent pas de véritables vertèbres ou les Stomochordés, plus primitifs encore au sein des Chordés. Ders ensembles fossiles ont eu un développement important, les Ostracodermes Ŧ qui étaient agnathes. Parmi les Poissons à mâchoires (Gnathostomes) fossiles il convient de préciser les Placodermes Ŧ et les Acanthodiens Ŧ
Issus du latin piscis le mot Poisson et le terme antique ont tous deux le même sens. Les premiers zoologiques incluaient au sein des Poissons, les Cétacés, erreur toujours répandue dans l'esprit populaire.
On trouvera les racines de l'ichthyologie dans les représentations des bas reliefs egyptiens dont certains représentent des scènes de pêche ou diverses espèces dont plusieurs sont quasi identifiables. Auparavant, au cours de la préhistoire, les Poissons sont régulièrement pêchés et consommés par les Hommes de l'époque. Ils avaient alors inventé filets, harpons ou nasses... néanmoins ces animaux sont rarement représentés dans l'art rupestre : il n'y a dans le Monde quelques dizaines de représentations pariétales. On trouve aussi des représentations exceptionnelles de Cétacés par exemple au Chili. Une chose remarquable est que les Poissons producteurs de décharges électriques ont intéressé nos ancêtres. On en trouve dans des représentations égyptiennes de la haute Antiquité tout comme sur des mosaïques romaines à Pompéi.
Aristote, père de la zoologie, décrit plus de 100 espèces provenant de la Méditerranée au IVe siècle avant JC. Il y inclus les Cétacés. De nombreux écrits antiques proviennent des Romains avec les travaux bien connus de Pline au Ie siècle après JC. Elien vers 220 présente quelque 130 espèces. Ausone vers 350 décrit de nombreux Poissons d'eau douce. Il donne son nom actuel à notre Truite. Il ne se passe plus grand chose après l'Antiquité, néanmoins le Moyen-Âge est une période propice à la création de nombreux étangs en Europe à des fins piscicoles autour d'abbayes. Nous avons hérité de ces étangs. Mais les moines parlent peu de ces animaux toutefois élevés pour les vendredis où on mange maigre en mémoire du Vendredi saint, jour de la crucifixion du Christ. Ils ajoutaient à leur menu le Castor considéré alors comme viande maigre, similaire à celle d'un Poisson.
On trouve un premier ouvrage sur la pêche datant de 1480 environ rédigé par Berners, mais les premiers travaux fondamentaux d'Ichthyologie doivent être attribués avec l'avènement de l'imprimerie, à Salviani (1514-1572), Belon (~1517-1564) et Rondelet (1507-1566) qui tentent des travaux exhaustifs sur les Poissons (et autres animaux aquatiques tels les Libellules) pour leur époque. Les années 1550 voient paraître les ouvrages de ces trois fondateurs de la science qui nous intéresse ici. S'y ajoutent quelques travaux de COrdus, Gessner ou Aldrovandi au cours du même siècle. Ainsi au début du XVIIe siècle ce sont plus de 1000 espèces de Poissons qui étaient déjà connus par la science. Linnaeus en 1758 (XVIIIe siècle) y met de l'ordre nommant scientifiquement avec ses disciples de nombreuses espèces.
On trouve au cours du XIXe siècle des synthèses, dont certaines sont monumentales sous les plumes de Lacepède, Risso, Cuvier, Valencienne, Agassiz, Duméril, Boulenger, Günther, etc. On connaissait ainsi près de 12000 espèces au début du XXe siècle. On continue à décrire de nouvelles espèces "tous les jours" et encore chaque décennie voit encore son lot de nouvelles espèces décrites y compris en France, tels ces Vairons (Phoxinus) récemment distingués selon les bassins hydrographiques du pays en 2020. Cette même année, Keith & al. (2020) publient une remarquable synthèse sur les Poissons d'eau douce de France.


Keith P. & al. (coord.) 2020Les Poissons d’eau douce de France. Deuxième édition. – MNHN, Biotope : 704 pp.

Principaux poissons indigènes de Rhône-Alpes

Alors qu'on compte environ 80 espèces dans la région, de nombreux taxons sont allochtone (Deliry 2017). Perrin n'est propose que 70 environ et souligne que Changeux (1994) n'en listait que 46. Les méthodes de comptage des espèces introduites diffèrent.
Dans les fait il n'y a qu'une quinzaine seulement d'espèce originelles inféodées à notre région, nombre d'autres espèces sont parvenues chez nous par des voies naturelles accompagnées le plus souvent d'introductions et les autres espèces sont presque éteintes ou disparues soit près d'une dizaine d'autres espèces. Ainsi le patrimoine authentique régional ne compte pas plus de 30 espèces.

On soulignait à la fin du XIXe siècle, tout l'intérêt d'introduire de nouveaux Poissons en France et la démarche a été encouragée dans le cadre de la Société Nationale d'Acclimatation. A cette époque on a par exemple favorisé l'installation d'Oncorhynchus mykiss, Salvelinus fontinalis... et de plusieurs espèces de Corégones. Ces pratiques ont continué d'être encouragées au cours du XXe siècle et encore récemment on a favorisé par exemple Pimephales promelas ou Pseudorasbora parva. Les empoissonnements artificiels et massifs concernent par ailleurs des espèces plus autochtones, ce qui en confère une dimension artificielle des populations. C'est le cas par exemple de Salmo trutta. L'introduction de poissons dans les eaux closes (étangs ou lacs), se traduit très régulièrement par des Poissons échappés qui viennent perturber la faune des têtes de rivières notamment.

Espèces à répartition étendue


Alburnus alburnus, Cottus gobio, Gasterosteus aculeatus, Gobio gobio, Phoxinus septimaniae, Rutilus rutilus, Tinca tinca, Squalius cephalus, Thymallus thymallus
Taxons raréfiés : Anguilla anguilla, Lampetra fluviatilis écotype planeri

Espèces de grands lacs alpins, indigènes et souvent disparues


Coregonus lavaretus, Salvelinus umbla, Salmo trutta f. lemanus
Eteintes : Coregonus bezola, Coregonus fera, Coregonus hiemalis

Espèces à tendances méridionales


Barbus meridionalis, Telestes souffia

Espèces venues dans le cadre d'une expansion séculaire, naturellement ou par introduction


Abramis brama, Barbus barbus, Chondrostoma nasus, Esox lucius, Parachondrostoma toxostoma, Salmo trutta f. fario, Salaria fluviatilis

Espèces septentrionales venues par voie de canaux depuis les bassins du nord de la France


Alburnoides bipunctatus, Blicca bjoerkna, Gymnocephalus cernua, Perca fluviatilis, Rhodeus amarus sericeus

Espèces migratrices anadromes en déclin, voire disparues


Alosa agone
Disparues : Alosa alosa, Alosa fallax, Salmo salar, Petromyzon marinus

Espèces rares, souvent en déclin, relictuelles ou disparues


Cottus duranii, Leuciscus burdigalensis, Pungitius laevis, Phoxinus csikii, Salmo rhodanensis, Zingel asper
Disparue : Cobitis taenia


Changeux T. 1994 - Structure des peuplements de poissons à l'échelle du bassin rhodanien. - Thèse de Doct., Univ. Lyon I : 227 pp.
Deliry C. 2017 - Catalogue des Poissons de Rhône-Alpes. - Histoires Naturelles n°3 (Première édition 2009). - PDF
Perrin J.F. 2010 – Poissons d’eau douce : un vingtième siècle très troublé. – Bull. Soc. Linn. Lyon, hs n°2 : 1-9.