Biodiversité

Le terme de Biodiversité est une contraction de « diversité biologique ». Elle désigne la diversité du vivant. Il est apparu dans en 1985 aux Etats Unis (Biodiversity) mais n’a été utilisé régulièrement qu’en 1992 suite à la Conférence de Rio de Janeiro sur le même sujet. La définition y a été donnée dans l’article 2 de la Conférence : Variabilité des organismes vivants de toute origine, y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie ; cela comprend la diversité au sein des espèces et entre les espèces ainsi que celle des écosystèmes.

Éléments de Biodiversité mondiale

••• Système Mondial d’Information sur la Biodiversité (GBIF) ➚ •••

Il s’agit d’un terme récent, devenu éminemment politique qui contribue clairement depuis quelques années à la Conservation de l’environnement et au verdissement des activités humaines. La Conservation des espèces et des habitats passe par une évaluation de la Biodiversité et de sa qualité.

On distingue trois niveaux de Biodiversité et leur dimension variant dans le temps :

  • Biodiversité spécifique : diversité des espèces.
  • Biodiversité génétique : diversité génétique précisant sein d’une même espèce, ses variations.
  • Biodiversité écosytémique : diversité des écosystèmes, ceux-ci désignant les habitats des espèces et de leur variété.
Grands écosysytèmes, espèces, allèles variés illustrant la Biodiversité génétique.

La Systématique organise la Biodiversité

La Systématique est la science qui étudie la Classification des êtres vivant et leur Biodiversité spécifique.

Les cellules procaryotiques concernent deux règnes bien distincts : les Archéobactéries ou Archées et les Eubactéries ou Bactéries s.str.

Les Eucaryotes forment un ensemble monophylétique distingué en quatre règnes : les « Protozoaires » paraphylétique, le règne végétal, la Fonge (ou Champignons) et les Animaux véritables ou Métazoaires.

Biodiversité spécifique

La Biodiversité spécifique se base sur le nombre d’espèces dans le cadre d’une étude ou d’une évaluation.

La description scientifique des espèces a été entamée par un chercheur suédois nommé Linnaeus, mieux connu sous son nom anobli de Carl von Linné. Il a ainsi réalisé les premières descriptions officielles des plantes dès 1753 et des animaux dès 17581. Il désigne et on continue de le faire, chaque espèce par un nom de genre (initiale en majuscule) et un nom d’espèce, le tout en italique (ou souligné si manuscrit). Ainsi Vulpes vulpes est le nom scientifique du Renard, Canis lupus celui du Loup, Homo sapiens celui de l’Homme moderne. Qu’on se trouve au Japon ou en France les noms scientifiques sont identiques : c’est un langage universel.

Sur 1,7 millions d’espèces décrites dans le Monde on comptait 300.000 Végétaux, 100.000 Bactéries, 1,3 millions d’Animaux (dont 850.000 Insectes). Ce sont plus de 10.000 nouvelles espèces qui sont décrites chaque année (plus d’une centaine par an pour la France métropolitaine et près de 550 pour l’Outre Mer). De nouveaux chiffres sont donnés avec 2,0 millions d’espèces décrites dans le Monde, dont 194.480 concernent la France et Outre Mer. On estime le nombre total d’espèces existantes à 8 à 12 millions. Il en reste donc entre 6 et 10 millions à décrire encore.

Biodiversité génétique

La Biodiversité génétique fait appel à la diversité des individus d’une même espèce selon ses variations génétiques. Si elle est fondamentalement orientée par l’hérédité, la diversité des individus est aussi influencée par l’environnement ou les habitudes. Chez l’Homme, la diversité de la couleur des yeux par exemple est héritée des parents. L’entraînement sportif modifie par exemple la morphologie des individus. Les Chiens (Canis familiaris) présentent une grande diversité génétique, spectaculaire en termes morphologiques : on parle de races de chiens. Tous les chiens appartiennent à la même espèce.

Deux sortes de chiens très différents, issus de races éloignées… ils appartiennent toutefois à la même espèce, même si ici la reproduction est compromise pour des motifs de différence morphologique

Biodiversité écosystémique

La Biodiversité écosystémique correspond à la diversité des habitats ou écosystèmes. Étangs, mares, rivières ou ruisseaux sont autant d’habitats aquatiques.

Forêt humide, marais, désert, prairie arborée, plage de sable, ville sont autant d’exemples d’écosystèmes différents

La Biodiversité se modifie avec le temps

Vector history of life on Earth. Timeline of evolution from prehistoric animals, dinosaur, saber toothed tiger, monkey to cave man. Silhouette with transparent reflection isolated on white background.

J’appelle Biodiversité dynamique le fait qu’elle se modifie avec le temps, notamment sous la pression de l’Évolution : les écosystèmes et les espèces se modifient, divergent, s’adaptent ou naissent. La spéciation désigne le phénomène de formation de nouvelles espèces à partir d’espèces pré-exitantes.

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L’Évolution est un le principal moteur à l’origine de la Biodiversité et de son changement. Les crises géologiques sont un facteur propre à bouleverser la Biodiversité d’une période donnée. L’Homme est à l’origine d’une nouvelle crise biologique en conduisant à la disparition de nombreuses espèces. La crise de l’Anthropocène se traduit par exemple par la déforestation en Amazonie, l’introduction d’espèces dites invasives favorisées par les activités humaines qui se sont mondialisées, tend vers le remplacent les espèces naturellement présentes. De nombreux êtres vivants aujourd’hui disparus ont habités sur Terre2.

La Biodiversité actuelle n’est qu’une étape dans l’évolution du Vivant. Des crises biologiques se traduisent par une rénovation du monde vivant, certaines espèces disparaissent alors que d’autres se diversifient.

L’évolution de la Biodiversité s’explique par des forces s’exerçant au niveau des populations. Des mutations apparaissent au hasard de génération en génération chez les êtres vivants. En conséquence deux populations d’une même espèce initiale isolées par exemple par une barrière géographique (mer, vallée profonde, montagne…) ou distantes géographiquement vont évoluer différemment par l’apparition d’allèles différents selon les populations. C’est un phénomène de spéciation par dérive génétique car les gènes dérivent au hasard. Selon les conditions du milieu ou selon leurs modifications, les individus (mutants) qui, par hasard, sont les plus adaptés ont plus de chance de survie et transmettront à leurs descendants leurs caractéristiques génétiques particulières. Ils auront une descendance plus nombreuse et ainsi les caractéristiques tendent à concerner progressivement toute la population. Il s’agit du phénomène de sélection naturelle des individus les plus adaptés. De nouvelles espèces apparaissent alors. C’est le britannique, Charles Darwin3 qui a, au milieu du XIXe siècle, publié les bases de la sélection naturelle. Sa théorie est toujours d’actualité et a été améliorée et confirmée par les connaissances sur la génétique qui sont postérieures à son travail. La sélection sexuelle des partenaires a aussi une influence sur l’Évolution. Seuls les individus choisis lors du partage de partenaires sexuels, se reproduisent correctement et transmettent alors leurs caractéristiques génétiques.

Références

  • Deliry C. 2009 – Biodiversité ou Biodiversités. – Histoires Naturelles n°8. – PDF
  • Deliry C. 2014 – Notion de Biodiversité. – Nature Life n°1, 15 février 2014.
  • Deliry C. [2022] – Les auteurs, comment les désigner et comment les citer dans le cadre de la Nomenclature zoologique. Cas appliqués aux Odonates. – Nomina Odonata, 3 novembre 2022, en ligne sur the World odonata Web. – [AP]
  • Lecointre G. & Le Guyader H. 2001 – Classification phylogénétique du vivant. – Belin, Paris.

Quelques sites sur la Biodiversité


Notes

  1. On accepte néanmoins dans les descriptions scientifiques animales, les travaux de Clerck parus en 1757 sur les Araignées suédoises. ↩︎
  2. Des efforts de conservation de la Biodiversité actuelle sont menés sous la notion de Protection de la Nature. Ceux-ci sont justifiés selon une approche éthique qui se base sur la responsabilité de l’Homme à préserver le patrimoine mondial de la Nature. A celle-ci s’ajoute une approche plus matérialiste et économique qui est en rapport avec la conservation du réservoir moléculaire ou d’organismes dont l’Homme pourrait avoir besoin. La Protection de la Nature se justifie sur la nécessité de notre approvisionnement en biens et ressources (alimentation, matières premières, médicaments…), l’importance de l’organisation des cycles biologiques (Oxygène, Gaz carbonique, maintien des Sols, recyclage…), la régulation du Climat, de la pollution, de la pollinisation, des catastrophes naturelles, des maladies ou des espèces envahissantes, de services culturels (enrichissement personnel ou social, patrimoine, écotourisme), ainsi que de services inattendus que nous n’avons pas encore décelés. C’est principalement de toute évidence une garantie de sauvegarde de l’humanité… mais la Nature continuera sans elle ! ↩︎
  3. Charles Darwin (1809-1882) est connu pour la publication d’un ouvrage révolutionnaire à l’époque L’origine des espèces (On the Origin of Species by Natural Selection). Celui-ci a fondé la théorie moderne de l’Évolution. Charles Darwin s’est intéressé aux sciences naturelles dès son plus jeune âge et a grandi dans un foyer qui soutenait ses préoccupation. Comme son père, il devait devenir médecin, mais les cours de médecine l’ont longtemps ennuyé. Il a donc étudié la théologie tout en continuant à s’enthousiasmer pour la biologie, qui faisait à l’époque partie de ses études. À l’âge de 22 ans, Darwin fait la connaissance du capitaine Robert FitzRoy, qui recherche un « gentleman intéressé par la science et possédant la meilleure éducation » pour son prochain voyage avec le navire de recherche Beagle. Malgré un mal de mer quasi permanent, Charles Darwin fera d’innombrables observations au cours des cinq années suivantes de tour du Monde et collectera une grande quantité de matériel qui constituera la base de son œuvre la plus importante (op. cit.). Dans son livre The Descent of Man and Sexual Selection de 1871, Darwin partait déjà du principe qu’Adam et Ève venaient d’Afrique, y plaçant les racines de l’humanité. ↩︎