Érismature à tête blanche

Oiseaux

Oxyura leucocephala (Scopoli, 1769) – Famille des Anatidae

EN UICN – VU Europe – RE France

Parc National de Cabo de Gata-Nijar (Espagne) le 9 mai 2013
©© bysa – Bouke ten Cate – Wikimedia commons

Ce canard est présent de manière très sporadique en nidification depuis l’Afrique du Nord à l’Asie centrale, atteignant l’ouest de la Chine.

Le déclin de cette espèce est très important au cours du XXe siècle puisque ses populations sont passées de quelques 100000 oiseaux au début de ce siècle à environ 8000-13000 au début des années 2020. Son aire de répartition est devenue très morcellée. On estime qu’une forte proportion se trouve désormais en Asie du Sud-Ouest, avec entre 5000-10000 individus. Des découvertes nouvelles ont en l’occurrence été faites au Kazakhstan. À l’autre extrémité de l’aire de répartition on compte 400-600 oiseaux en Afrique du Nord (où les populations se sont effondrées). Il y a 1100-2800 oiseaux en Europe : guère plus de 200 en Russie, 2600 en Espagne. Dans ce pays ses populations avait atteint le seuil critique de 22 oiseaux seulement en 1977. Des actions régulières de conservation y ont été menées. L’espèce ne niche plus en France (Corse) depuis 1966, ainsi que Europe centrale et dans les Balkans, mais semble subsister en Sardaigne ou en Turquie. L’espèce est outre son déclin, affectée par la pollution génétique avec l’espèce américiaine, Érismature à tête rousse, qui introduite notamment dans les années 1960 en Grande-Bretagne, se croise avec les Érismatures à tête blanche. L’introduction excessive de Carpes sont aussi une nuisance car l’Érismature végétarienne, ne trouve de quoi s’alimenter car les poissons détruisent tous les herbiers aquatiques. Ce canard est de plus très sensible au saturnisme associé à l’excès de plombs de chasse dans l’environnement. On a constaté des chutes brusques d’effectifs sur certains sites d’hivernage côté Asie, notamment dans les années 1990 en Turquie et on envisage à une déplacement de l’aire d’hivernage principale sur l’Asie centrale.

En France l’espèce est désormais une visiteuse occasionnelle et elle a pu être observée sporadiquement un peu partout égarée dans le pays. De la même manière elle est occasionnelle un peu partout en Europe, y compris en Grande-Bretagne, peut-être « en suivant » des individus d’Oxyura jamaicensis. Elle a niché en Corse jusqu’en 1966 et disparu suite à la chasse et la destruction de son habitat, puis elle est restée irrégulièrement observée jusqu’à la fin des années 1980. Elle est redevenu un peu plus régulière ensuite, probablement en raison du renfort très significatif des populations espagnoles. Des indications sont en faveur d’une fréquentation remarquée du Lac de Grand Lieu dans la Loire-Atlantique et l’installation de l’espèce pourrait être à surveiller. Sa réintroduction en Corse a été évoquée dès le début des années 2000, mais resté à l’étude, ce projet passe par d’abord une démarche d’éradication de l’Érismature à tête rousse, allochtone.

©© bysa – Wikimedia commons

L’Érismature blanche affectionne généralement les lacs situés dans une ambiance steppique, où se trouvent ses derniers refuges.