Evénement de Carrington : la tempête solaire de 1859

A la fin du mois d’août 1859, une série d’éruptions solaires exceptionnelles, ont eu pour effet sur Terre, la formation d’aurores boréales ou australes qui ont été visibles jusqu’au niveau des zones tropicales. Bien que relativement peu développés, en regard de notre époque, les systèmes de télécommunication tels que le télégraphe ont été fortement perturbés allant jusqu’à la destruction de certaines stations d’émission télégraphique. Il apparaît que le champ magnétique terrestre s’est inversé un moment tout en s’intensifiant. On estime que la couche d’ozone stratosphérique a alors été détruite de 5% environ, si bien qu’elle a mis des années à se reconstituer pleinement. Des phénomènes d’une telle ampleur ont une probabilité de se réaliser tous les 150 ans environ. Cette tempête intervient dans le cadre du 10ème cycle solaire observé par les scientifiques depuis 1755 (1855-1867) ; nous en sommes au 25ème qui a été entamé en 2019. On voit avec Cliver & Svalgaard (2004 : fig.3 : 411) que la fin du XIXe siècle a été une période d’activité solaire particulièrement intense.

Photo (¢) – Un exemple d’éruption solaire, selon une image prise le 30 mars 2010, par la NASA ➚ grâce à la sonde d’étude du Soleil, SDO, lancée le 11 février 2020 – Attention : Des filtres spéciaux sont évidemment nécessaires pour observer le Soleil !

La première salve survient le 28 août 1859. Des aurores boréales ont alors été visibles jusque dans la Mer des Caraïbes et ont inondé l’hémisphère nord. Le 1er septembre 1859, suit une seconde salve qui est mieux connue, car elle a été étudiées par l’astronome, Richard Carrington, et le phénomène est d’ailleurs désigné par son nom. Il observer des taches solaires anormalement grandes et constate en direct des jets de lumière correspondant à des éruptions solaires brèves mais intenses, dont la durée était d’une dizaine de minutes. La nuit suivante, l’impact se traduit sur Terre et sur l’hemisphère nord, le ciel était si illuminé qu’on pouvait « lire un journal » en pleine nuit selon les témoignages, au lueurs des aurores boréales. Ces dernières étaient visibles jusqu’à la latitude de Panama. Le Baltimore American and Commercial Adviser rapporte dans son édition du 3 septembre 1859, que la luminosité était plus forte que celle de la Lune à son maximum.

Tant l’azote (N2) que l’oxygène (02) de la haute atmosphère ont produit sous l’influence de la tempête solaire des nitrates (NO3) dont une partie s’est déposé au sol et dont on retrouve la trace dans des carottages glaciaires effectués depuis au Groënland et en Antarctique.

Photo (¢) – Imagerie artificielle, d’une image de l’aurore boréale du 30 octobre 2003, préparée par l’US Air Force (Senior Aiman Joshua). Le drapé allant de l’Islande à la Finlande illustre bien les lueurs visibles alors au sol

Pour aller plus loin… tempête du 10 au 11 mai 2024… je l’ai annoncée et je l’ai ratée… car épuisé je me suis endormi ce soir là…

  • Cliver E.W. & Svalgaard L. 2004 – The 1859 solar-terrestrial disturbance and the current limits of extreme space weather activity. – [La perturbation solaire-terrestre de 1859 et les limites actuelles de l’activité météorologique spatiale extrême.] – Solar Physics, 224 : 407-422. – PDF LINK