Homme moderne

MammifèresPrimatesHominidés

Homo sapiens Linnaeus, 1758 – Famille des Hominidae

syn. – Homme, Homme de Cro Magnon Ŧ, Homme de Herto Ŧ, Homme de Djebel Irhoud Ŧ

La science qui étudie l’Homme est l’Anthropologie, celle qui concerne son évolution est la Paléoanthropologie.

L’Homme moderne n’est pas inscrit sur la liste des espèces de France (Deliry 2011, [INPN 2020] ) ! C’est un animal appartenant à la famille des Hominidés. Linnaeus l’avait nommé en 1746, Homo homines et lui a donné une dimension plus savante en 1758 avec le nom scientifique officiel d’Homo sapiens Linnaeus, 1758.

L’Homme moderne1 est la seule espèce de la Lignée humaine toujours présente sur la Terre. L’Homme moderne n’est qu’une seule espèce qui peut présenter des phénotypes variés liés à des variations génétiques très faibles. Les flux populationnels favorisent un génome tout à fait homogène sur l’ensemble de la planète. Celui-ci a été tout particulièrement étudié ces dernières années. Les plus anciens représentants de notre espèces (Homo sapiens archaïques) dateraient de 315000 ans (contreversé)2 et ont été découverts en Afrique en l’occurrence au Maroc (Homme de Djebel Irhoud3). Il semble issu d’une lignée africaine d’Homo erectus Ŧ et on connaît des fossiles intermédiaires par exemple en Tanzanie datés de 400000 ans. L’Homme de Néanderthal Ŧ a longtemps été considéré comme une sous-espèce de l’Homme moderne ; il a été récemment relevé au rang de bonne espèce. Il n’y a plus de sous-espèce reconnue « chez nous » désormais [2020]4, toutefois les éléments récents de partage du génome connu chez les humains permet de reconsidérer cette question [2023].

Plaque envoyée avec la sonde spatiale intersidérale Pioneer montrant l’Homme accompagné de quelques algorithmes à destination d’une hypothétique civilisation extra-terrestre

Jusqu’à environ 1,8 Ma, tous les humains se trouvent en Afrique. Le premier membre du genre Homo y surgit vers 2,8 Ma. Lors de l’apparition d’Homo sapiens on signalait deux autres espèces sur le continent africain : Homo rhodesiensis Ŧ et Homo naledi Ŧ. A la même époque on trouvait en Europe par l’Homme de Néanderthal Ŧ et en Asie, Homo erectus Ŧ, l’Homme de Dénisova et Homo floresiensis Ŧ. Seul Homo sapiens se maintient ensuite (0,13-0,04 Ma) en Afrique, l’Homme de Néanderthal Ŧ en Europe et Homo sapiens pénètre au Moyen Orient où il côtoie Homo neanderthalensis Ŧ et en Asie où se trouvent encore l’Homme de Dénisova Ŧ, Homo floresiensis Ŧ et Homo luzonensis Ŧ. Seul l’Homme de Néanderthal Ŧ se maintient en même temps au Paléolithique supérieur, ce jusque vers 30000 ans. Il ne se trouve plus qu’en Europe où Homo sapiens arrive tardivement et le côtoie (dès 43000 ans). On ne trouve ensuite sur le autres continents puis en Amérique et Océanie plus qu’Homo sapiens qui est donc le seul humain à avoir pénétré ces régions de la Terre.

Homo sapiens se caractérise par sa bipédie quasi-exclusive, son cerveau volumineux, son système pileux réduit et l’existence d’une ménopause chez la femme à la différence des autres Hominidés actuels. Il se distingue par la complexité de ses relations sociales essentiellement basées sur un langage complexe et articulé, résultat d’un apprentissage chez les jeunes. Il fabrique des outils, porte des vêtements, maîtrise le feu et est l’acteur de la domestication de diverses espèces animales ou végétales et la création d’agrosystèmes (dès 10000-8000 BP, début du Néolithique). Son emprise sur la Biosphère est essentielle et il est responsable de la Crise anthropogène. Les productions artistiques sont considérées comme le propre de l’Homme (dès 30000 BP)5. Dans le cadre de ses relations sociales nous soulignerons l’importance des activités religieuses, des activités sportives, le maintient d’activités traditionnelles comme la chasse et la pêche, parfois encore la cueillette et la régularité de ses actions belliqueuses. Le partage des tâche est régulièrement très prononcé et désigné par exemple dans le cadre de castes ou de professions particulières selon les communautés. On notera aussi une maîtrise de la reproduction chez l’Homme.

Il appartient avec les Orang-outans, les Gorilles, les Chimpanzés et les Hommes préhistoriques à la famille des Hominidés. L’Homme moderne a pu côtoyer différentes espèces humaines et s’est clairement hybridé avec Néanderthal Ŧ et Denisova Ŧ, et pourrait par hypothèse avoir fait de même avec l’Homme de Luçon Ŧ. De nos jours on trouve jusqu’à 4% d’ADN néanderthalien chez les populations non africaines. La plupart des populations d’Asie possèdent une certaine quantité d’ADN de Dénisoviens, ce taux pouvant monter jusqu’à 6% chez les Mélanésiens.

L’espèce humaine a évolué depuis son origine africaine et en particulier par des adaptations régionales. Sa stature a fluctué, ainsi l’Homme de Cro Magnon il y a près de 40000 ans mesurait en moyenne 1m83, il était donc grand. Aujourd’hui la moyenne en Europe de 1m75. A la fin de la dernière ère glaciaire, vers 10000 ans, les européens ne mesuraient que 1m62, probablement suite à une adaptation climatique. Si l’évolution est en cause, des phénomènes d’adaptation sont expliqué les changements les plus rapides : changement d’alimentation, de mode de vie, antibiotiques… De manière surprenante la taille du cerveau de l’Homme a diminué : il est passé de 1500-1600 cm3 il y a 100000 ans à 1350 cm3 désormais. Ce phénomène est encore mal expliqué.

Notons que le génome humain a été complètement séquencé en 2007.

Un peu à la manière du Dénisova, un nouveau groupe humain, dénommé Anciens Sibériens du Nord a été mis en évidence par des méthodes génétiques en 2019 (Martin Sikora & al. 2019). Le nord-est de la Sibérie est habitée par l’Homme depuis plus de 40000 ans, mais son histoire ancienne restait mal comprise. Les auteurs se sont basés sur l’analyse des génomes de 34 humains anciens datant d’une période allant de 31000 à 600 ans. Un groupe d’humain de l’époque Paléolithique, nommé ci-dessus en est identifié. Ceux-ci sont apparentés aux premiers chasseurs-cueilleurs de l’Eurasie occidentale et vivait il y a près de 31000 ans, présumé nomade et chasseur de Mamouths laineux  Ŧ, Rhinocéros laineux  Ŧ et de Bisons.

Mammouths laineux
Planche de C.R.Knight (1916)

Il apparaît cohérent de voir dans un complexe d’espèces finalement très voisines et qui ont pour partie été un temps considérées comme des sous-espèces d’Homo sapiens, biologiquement une seule espèce (et revenir aux sous-espèces). En effet, il est clairement démontré par des études génétiques que des croisements fertiles, avec partage d’éléments clés du génome ont existé au moins entre l’Homme moderne et les Homme de Néanderthal Ŧ et de Dénisova Ŧ. Il m’apparaît hautement probable que c’est aussi le cas de presque toutes les espèces récentes du genre Homo tel que je le propose plus haut, étendant la réalité démontrée scientifiquement (Hommes moderne, de Néanderthal Ŧ et de Désisova Ŧ qui sont interféconds) à des espèces supposées très proches [com. pers., 25 octobre 2023].

  • Homo sapiens Linnaeus, 1758 s.l.
    • Homo rhodesiensis Woodward, 1921 Ŧ (inc. sedis) – Homme de Rhodésie (0,7-0,2 Ma)
    • Homo heidelbergensis Schoetensack, 1908 Ŧ – Homme de Heidelberg (0,65-0,30 Ma)
    • Homo neanderthalensis King, 1864 Ŧ – Homme de Néanderthal (0,45-0,03 Ma)
    • « Homo denisovensis / altaiensis » Ŧ – Homme de Dénisova (0,400-0,015 Ma)
    • Homo naledi Berger & al., 2015 Ŧ – (0,34-0,24 Ma)
    • Homo sp. – Homme de Dejbel Irhoud Ŧ (0,315 Ma)
    • Homo sapiens Linnaeus, 1758 – Homme de Cro Magnon, Homme moderne (0,150 Ma [?]-hodie)
      • Homo sapiens idaltu White & al., 2003 Ŧ (0,160-0,154 Ma)
      • Homo sapiens sapiens Linnaeus, 1758 – Homme moderne s.str.
        • Anciens sibériens du Nord (Martin Sikora & al. 2019).
    • Homo floresiensis Brow & al., 2004 Ŧ – Homme de Florès (0,09-0,02 Ma)
    • Homo luzonensis Detroit & al., 2019 Ŧ – Homme de Luçon (0,07-0,05 Ma)

L’Homme est susceptible d’occuper l’ensemble de la planète qu’il « domestique » selon ses besoins propres allant jusqu’à nier les équilibres biologiques qui sont garants de sa survie à moyen terme (espèce paradoxalement menacée). Il est en très forte expansion dans la Biosphère. Il s’agit comme nous l’avons vu plus haut, de la seule espèces survivante au quaternaire des quelques 25 autres espèces de la Lignée humaine. La période occupée par l’Homme moderne sur la planète se nomme parfois l’Anthropocène. Elle se caractérise par une vaste expansion de l’espèce humaine, une transformation exceptionnelle des paysages, une exploitation profonde des habitats et des espèces et par une modification du climat de la planète. Il est l’auteur, notamment dans le cadre de la chasse ou du braconnage, voire de l’extermination volontaire de la disparition de nombreuses espèces animales ou végétales. En Amérique du Nord la crise tardi-pléistocène est reconnue pour une disparition significative de gros Mammifères liée à l’arrivée des humains sur ce continent et aux changements climatiques naturels opérant depuis le début de l’Holocène (dès 12000 BP).

Le Dodo de Maurice est exemple bien connu d’espèces animales qui sont désormais éteintes du fait des activités de prélèvement par l’Homme

Cosmopolite. Les populations de l’Homme se comptent en milliards d’individus (6,7 milliards en 2007). Si au niveau de la plupart des nations les individus de l’espèce humaine sont protégés, aucun texte international ne protège pour l’instant cette espèce par un dispositif qui lui serait expressément rattaché. Quelques documents d’éthique médicale notamment se rapprochent toutefois doucement de cette notion. L’action de Guerre reste de manière étrange, légale selon les accords internationaux. En France c’est une espèce protégée (« Nul de peut porter atteinte à l’intégrité de l’espèce humaine » – art. 16-4, alin. 1 du Code Civil). Toutefois dans le pays par exemple 256 de ces animaux ont été tués entre 1997 et 2005 par des faits de chasse. Le braconnage est en baisse et aucun cas ne concerne les DOM-TOM contre un record de 30 cas en Rhône-Alpes (selon N.Olin, Min. Ecol. et D.Durable). En 2004-05 ce sont selon l’ONCFS, 26 individus qui ont été prélevés illégalement, alors que 167 victimes blessées n’ont pas été abattues et ont été rapatriées dans des centres de soin nommés hôpitaux (selon JO du Sénat du 14 décembre 2006).

Tableau ancien
Illustration ancienne – Un des humains les plus connus : Charles Darwin

Le début de la domestication des espèces et de la mise en place de cultures végétales désignent comme nous l’avons déjà vu, les bases du Néolithique (10000-8000 BP). On enregistre en Europe occidentale plusieurs périodes liées en particulier aux différentes maîtrises de la métallurgie par l’Homme (Or, Argent, Cuivre, Bronze, Fer) ceci correspond à l’apparition de la civilisation des Mégalithes (dès 6500 BP). Les premières écritures intelligibles marquent le passage de la Préhistoire à l’Histoire (Sumer vers 3250 BC). Alors que le Sahara se désertifie, la première dynastie égyptienne s’installe (3000 BC). L’Âge du Fer est la période la plus récente des métallurgies humaines : 1700 BC dans le Caucase, en Grèce vers 1000 BC, Hallstardt en 800 BC et en Gaule vers 600 BC. Les premières bases de la Science moderne sont fondées par Aristote (385-322 BC) qui est un grand scientifique dont l’influence quasi exclusive et essentielle a agit jusqu’aux alentours des XVIe et XVIIe siècles, et agit pour partie encore dans divers domaines. Pline l’Ancien (23-79) dans son Histoire Naturelle (livre X) précise au sein des passages quelques peu moralistes, que le seul des bipèdes qui soit vivipare (cf. Mammifères) est l’Homme ; il souligne le fait que les animaux ne font l’amour qu’à des périodes déterminées de l’année, alors que l’Homme, à toutes les heures du jour et de la nuit. Dans l’espèce humaine, les hommes ont des moyens de tromper la passion (qui tous outragent la nature) ; et les femmes se font avorter (maîtrise des naissances). Avec Linnaeus, les dates de 1753 et 1758 marquent la mise en place de la description raisonnée et continue du vivant en appliquant de manière systématique le système binominal linnéen. La première machine à vapeur fonctionne en 1803 et ouvre l’avènement de la mise en place des premiers systèmes automobiles dont l’industrie se développera nettement seulement dès la fin du XIXe siècle. En 1969 l’Homme marche sur la Lune.

D’importants déplacements saisonniers ont lieu par exemple en France, notamment en hiver, venue dans les montagnes en quête de neige et en été, départ pour les zones maritimes ou étrangères. On note par ailleurs d’importants mouvements nycthéméraux avec vas-et-viens soir et matin entre les campagnes et les grandes villes parfois sur des distances remarquables à des fins professionnelles ou scolaires. L’automobile est un vecteur important de ces déplacements.

Son habitat principal est la maison qu’il regroupe en villes, villages, hameaux ou qui se trouve parfois isolé dans les campagnes. Il peut distinguer ses bâtiments en fonction de ses activités : lieux de travail, lieux d’activités sportives, etc. Certaines populations nomades occupent des tentes ou des yourtes, des cabanes de bois ou formées de feuillage. Il est des individus, y compris dans les pays modernes qui n’ont pas d’habitation et qui se réfugient sous les ponts, dans les porches, les entrées d’immeubles, voire vivent dans la rue.

Vue de la ville de Lyon, Rhône, France

L’Homme est susceptible de se reproduire toute l’année. La gestation, nommée grossesse, dure 9 mois. La maîtrise des naissances lui permet de s’accoupler sans procréer, ou de décider à son gré de la date de l’ovulation, et ainsi, fixer au mieux la date souhaitée des naissances.

Il s’agit d’un être conscient par excellence, a cette perception de la nécessité d’être bien sur Terre pour lui-même, mais de façon souvent individualiste malgré un tissu social très développé. Les disparités et déséquilibres de sa démographie, l’hétérogénéité de son économie, des gouvernances des états et régions, liés au développement et la nécessaire appropriation normale des technologies et des nouveautés scientifiques, ainsi qu’à la diversité des cultures et des choix ou normes de consommation sont autant de freins qu’il s’agit de raisonner de manière à limiter l’Érosion de la Biodiversité. L’équilibre entre l’Homme, son économie et l’environnement est recherchée désormais dans le cadre de la notion de Développement durable. Il est fort à parier que si de telles notions arrivaient à réussir, la Biosphère deviendrait probablement un vaste jardin planétaire, géré et organisé par l’humanité. Actuellement l’Empreinte écologique humaine est évaluée selon les terres cultivées (production primaire), les terres pâturées (production secondaire), les forêts exploitées, les zones de pêche, l’énergie utilisée (fossile, biomasse, centrales nucléaires…) et l’urbanisation. Ces éléments relativement simples permettent de mesurer la place et les besoins de l’humanité dans la Biosphère et d’évaluer la faisabilité d’un Développement Durable. Au plus, une seule planète doit suffire à tous les Hommes si chacun vivait en moyenne à la manière d’une économie durable. Certains pays vivant désormais au-dessus de leurs moyens importent et achètent même les terres de pays qui moins gourmands ont encore des réserves à vivre sur leur territoire. Les relations entre l’Homme et la Biodiversité se mesurent selon une occupation des sols galopante, l’introduction ou la soustraction d’espèces le tout bouleversant les écosystèmes, le développement des technologies aidant, l’augmentation de l’exploitation des ressources de la Planète. Il est désormais compris après de trop nombreuses années d’hésitations que le climat de la planète change : certains parlent de réchauffement climatique, en tout cas des régions du monde sont d’ores et déjà touchées par des dérèglements météorologiques conduisant à des phénomènes catastrophiques… on sait qu’ailleurs le climat pourrait se refroidir en particulier en hiver et se contraster par l’apparition de d’étés caniculaires. Devant de tels changements de grandes migrations de populations sont à prévoir et si possible à organiser de manière raisonnée sous peine de voir survenir émeutes et guerres entre les nations. Aujourd’hui de petits pays insulaires doivent trouver rapidement d’autres territoires pour assurer l’avenir de leurs ressortissants : pertes d’identité nationale et migration diffuse sur la planète, conquêtes de territoires vivables sont parmi les solutions (Deliry 2009).

Il s’agit d’une espèce omnivore qui, depuis la révolution du Néolithique, a domestiqué bonne part des animaux et des plantes qu’elle consomme et apprête de manière complexe (cuisine, produits agro-industriels). Les individus sont pour l’essentiel charognard et se nourrissent de viande morte conservée dans des réfrigérateurs ou des congélateurs évitant ainsi la putréfaction, se distinguant ainsi des véritables charognards pour leur goût peu prononcé pour la viande transformée. Quelques individus sont encore prédateurs, mais se munissent d’armes pour chasser leurs proies : principalement Sanglier, Chevreuil, Lièvre d’Europe, Lapin de garenne, mais aussi des Oiseaux comme le Faisan de chasse, Perdrix grise ou par exemple encore la Bécasse des bois. Il s’en prennent même à des espèces menacées de disparition comme le Courlis cendré en France. Un comportement est unique dans le monde les prédateurs : dans divers cas les proies (Faisan de chasse par exemple) sont lâchées et laissées en liberté quelques jours avant d’être poursuivies et chassées ; ce comportement remarquable s’apparente à celui du sport ou du loisir, deux notions particulières à Homo sapiens. Le comportement de capture-relâché de proies a été néanmoins observé chez certains individus chez les Orques épaulard qui après avoir « joué » avec des Otaries les ramènent sur la plage. Bien que l’Homme soit une espèce auto-protégée, par exemple en France, nous avons vu plus haut que dans ce pays certains individus étaient accidentellement tués par d’autres individus prédateurs, mais non consommateurs, en tout cas dans les sociétés actuelles (autrefois : anthropophagie connue).

Références

  • Deliry C. 2009 – Biodiversité ou Biodiversités. – Histoires Naturelles n°8. – PDF
  • Deliry C. 2013 – Contribution à l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN). – Histoires Naturelles n°22 (1ère édition 2011) : 6 pp. – PDF
  • Harvati K. & al. 2019 – Apidima Cave fossils provide earliest evidence of Homo sapiens in Eurasia. – Nature, 10 juillet 2019.
  • Hublin J.J. & Ben-NCer A. (coord.) 2017 – New fossils from Jebel Irhoud, Morocco and the pan-African origin of Homo sapiens. – Nature, 546, 8 juin 2017.
  • Julien O. (réal.) 2020Homo Sapiens, les nouvelles origines. – prod. Bellota Films, Arte France, film : 1h26.
  • Martin Sikora & al. 2019 – The population history of northeastern Siberia since the Pleistocene. – Nature, 5 juin 2019.
  • Morin H. 2017 – La découverte qui bouleverse l’histoire d' »Homo sapiens ». – Le Monde, 7 juin 2017. – ONLINE
A gauche l’Homme de Dejbel Irhoud Ŧ et à droite un Homo sapiens actuel. Le premier crâne ne montre en aucun cas de menton saillant et il présente des bourrelets sus-orbitaux très prononcés, ainsi que des tendances au prognathisme caractérisée. Selon moi, ce n’est pas un Home sapiens, mais ce n’est pas non plus un Homme de Néanderthal auquel il ressemble toutefois volontiers !

Notes

  1. Il prends ses racines anciennes en Europe chez l’Homme de Cro Magnon qui appartient à la même espèce. ↩︎
  2. On trouve des Hommes modernes en Afrique du Sud datés de 260000 ans et il s’agirait d’une forme archaïque. Le premier Homo sapiens hors d’Afrique se trouve en Israël il y a 185000 ans. Il tarde toutefois à s’installer en Eurasie et ne semble pas avoir passé le Moyen Orient encore vers 115000 ans, alors qu’il serait rapidement en Chine il y a 110000 ans (en Australie vers 50000 ans), plus lentement côté Europe atteinte vers 43000 ans (un crâne très partiel trouvé en Grèce daterait toutefois de 210000 BP) ; par exemple en Roumanie vers 40000 ans et en France vers 28000 ans. Toutefois des découvertes récentes faites en Grèce semblent repousser très largement cette date en la plaçant à 210000 ans (Harvati & al. 2019) ! Il est en Amérique du Nord vers 20000 ans et au bout de l’Amérique du Sud vers 15000 ans. ↩︎
  3. La présence d’Homo sp. à Dejbel Irhoud au Maroc est connue de longue date, puisque le premier spécimen a été découvert en 1960 par un des mineurs travaillant sur place. Un second individu est découvert en 1961 par le paléoanthropologue français Émile Ennouchi. Le contexte de récolte étant anarchique et perturbé par les activités minières du site, les premières tentatives de datation présument un âge supérieur à 30000 ans et les individus trouvés dans les années 1960 sont proposés en raison de l’industrie de type moustérien associée à Homo neanderthalensis. Malgré de nouvelles missions de recherche (notamment américaine en 1989) aucun nouveau humain fossile n’a d’abord été découvert après 1969. De nouvelles campagnes menées entre 2007 et 2016 permettent la découverte d’une quinzaine de fossiles supplémentaires par les équipes allemande et marocaines de J.J.Hublin et de A.Ben-Ncer. Les individus sont datés du point de vue stratigraphique (couches 7 et 6) finalement de 315000 BP (thermoluminescence de silex) et l’émail d’une dent est daté de 286000 BP (résonance de spin électronique). Des modèles mathématiques conduiraient à la détermination d’Homo sapiens, mais ceci me semble interprétatif et basée sur une vision partielle de la morphologie crânienne (com. pers.). On envisage en conséquence que des industries trouvées en divers endroits d’Afrique de type moustérien africain, sans association connue avec des humains particuliers et remontant à 400000 BP pourraient finalement correspondre à une présence relativement répandue d’Homo sapiens de type archaïque sur le continent africain dans sa globalité. L’appartenance des fossiles de Djebel Irhoud à Homo sapiens reste discutée, car il semblerait que les mandibules ne présentent pas de menton saillant, qui est une caractéristique morphologique réservée à cette espèce d’humains. Par ailleurs l’étude des Micromammifères fossiles du site étudiés en 1975 par J.J.Jaeger de l’Université de Poitiers correspondent à des Rongeurs plus récents et au plus datant de 125000 BP. ↩︎
  4. Homo sapiens idaltu White & al., 2003 Ŧ ou Homme de Herto Ŧ, originaire d’Ethiopie n’est plus regardé aujourd’hui comme une sous-espèce, mais comme une forme archaïque de l’Homme. ↩︎
  5. Les peintures rupestres de la Grotte Chauvet en Ardèche est regardée parmi les plus anciens artéfacts humains. Elles sont datées de 30000 BP. ↩︎

Contributeurs

Tous mes remerciements à Camille Le Merrer qui a proposé une correction spontanée de ce texte et ainsi contribué à son amélioration.