Poissons

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"Les Poissons n'existent pas. S'ils existaient, nous serions des Poissons."

Poissons

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Présentation

La science qui étudie les Poissons se nomme Ichthyologie. On connaît près de 22000 espèces actuelles dans le Monde et on en estime le nombre à plus de 33000. Plus d'un millier a été classé comme menacé par l'UICN. En France on continue encore de nos jours à distinguer de nouvelles espèces comme le cas des Vairons [2020].
Les Poissons ayant un plan d'organisation fondamental pour partie à l'origine des Tétrapodes (Amphibiens, Reptiles, Oiseaux et Mammifères), ils englobent cet ensemble. Les Poissons correspondent et englobent en réalité à l'ensemble des Vertébrés. Par ailleurs, il s'agit d'un ensemble paraphylétique où il convient en première approximation de distinguer les Lamproies, les Sélaciens et les Téléostéens. Mais il existe de nombreux autres groupes indépendants les uns des autres. Selon les définitions usuelles, les Poissons sont des Vertébrés aquatiques développant généralement des branchies et pourvus de nageoires, dont le corps est le plus généralement couvert d'écailles. Ceux-ci vivent en milieu aquatique tant en eau douce, que saumâtre ou eau de mer, parfois même dans les aquifères souterrains de certaines grottes. Il y en a depuis les zones de sources aux fosses marines les plus profondes. Ils ont ainsi conquis l'essentiel de l'Hydrosphère terrestre. Les relations des Poissons avec l'Homme se caractérisent par les études zoologiques, la pêche, la surpêche, la pisciculture, l'aquariophilie... du point de vue social, ils sont un symbole fondamental du christianisme antique, dieux, objets de contes et légende, livres ou films... dans les milieux continentaux, une démarche d'introduction, d'acclimatation accidentelle ou non se traduit régulièrement par un bouleversement de l'icthyofaune de diverses régions du Monde.
Cet ensemble paraphylétique comprend les Pétromyzontides qui sont agnathes, les Sélaciens ou Condrichthyens, les Actinoptérygiens comprenant notamment les Téléostéens, les Sarcoptérygiens incluant des Poissons pulmonés tels les Dipneustes et les Coelancanthes et les Actinistiens. On y associe parfois les Myxines qui ne présentent pas de véritables vertèbres ou les Stomochordés, plus primitifs encore au sein des Chordés. Ders ensembles fossiles ont eu un développement important, les Ostracodermes Ŧ qui étaient agnathes. Parmi les Poissons à mâchoires (Gnathostomes) fossiles il convient de préciser les Placodermes Ŧ et les Acanthodiens Ŧ
Issus du latin piscis le mot Poisson et le terme antique ont tous deux le même sens. Les premiers zoologiques incluaient au sein des Poissons, les Cétacés, erreur toujours répandue dans l'esprit populaire.
On trouvera les racines de l'ichthyologie dans les représentations des bas reliefs egyptiens dont certains représentent des scènes de pêche ou diverses espèces dont plusieurs sont quasi identifiables. Auparavant, au cours de la préhistoire, les Poissons sont régulièrement pêchés et consommés par les Hommes de l'époque. Ils avaient alors inventé filets, harpons ou nasses... néanmoins ces animaux sont rarement représentés dans l'art rupestre : il n'y a dans le Monde quelques dizaines de représentations pariétales. On trouve aussi des représentations exceptionnelles de Cétacés par exemple au Chili. Une chose remarquable est que les Poissons producteurs de décharges électriques ont intéressé nos ancêtres. On en trouve dans des représentations égyptiennes de la haute Antiquité tout comme sur des mosaïques romaines à Pompéi.
Aristote, père de la zoologie, décrit plus de 100 espèces provenant de la Méditerranée au IVe siècle avant JC. Il y inclus les Cétacés. De nombreux écrits antiques proviennent des Romains avec les travaux bien connus de Pline au Ie siècle après JC. Elien vers 220 présente quelque 130 espèces. Ausone vers 350 décrit de nombreux Poissons d'eau douce. Il donne son nom actuel à notre Truite. Il ne se passe plus grand chose après l'Antiquité, néanmoins le Moyen-Âge est une période propice à la création de nombreux étangs en Europe à des fins piscicoles autour d'abbayes. Nous avons hérité de ces étangs. Mais les moines parlent peu de ces animaux toutefois élevés pour les vendredis où on mange maigre en mémoire du Vendredi saint, jour de la crucifixion du Christ. Ils ajoutaient à leur menu le Castor considéré alors comme viande maigre, similaire à celle d'un Poisson.
On trouve un premier ouvrage sur la pêche datant de 1480 environ rédigé par Berners, mais les premiers travaux fondamentaux d'Ichthyologie doivent être attribués avec l'avènement de l'imprimerie, à Salviani (1514-1572), Belon (~1517-1564) et Rondelet (1507-1566) qui tentent des travaux exhaustifs sur les Poissons (et autres animaux aquatiques tels les Libellules) pour leur époque. Les années 1550 voient paraître les ouvrages de ces trois fondateurs de la science qui nous intéresse ici. S'y ajoutent quelques travaux de COrdus, Gessner ou Aldrovandi au cours du même siècle. Ainsi au début du XVIIe siècle ce sont plus de 1000 espèces de Poissons qui étaient déjà connus par la science. Linnaeus en 1758 (XVIIIe siècle) y met de l'ordre nommant scientifiquement avec ses disciples de nombreuses espèces.
On trouve au cours du XIXe siècle des synthèses, dont certaines sont monumentales sous les plumes de Lacepède, Risso, Cuvier, Valencienne, Agassiz, Duméril, Boulenger, Günther, etc. On connaissait ainsi près de 12000 espèces au début du XXe siècle. On continue à décrire de nouvelles espèces "tous les jours" et encore chaque décennie voit encore son lot de nouvelles espèces décrites y compris en France, tels ces Vairons (Phoxinus) récemment distingués selon les bassins hydrographiques du pays en 2020. Cette même année, Keith & al. (2020) publient une remarquable synthèse sur les Poissons d'eau douce de France.

Références

Allardi J. & Keith P. (coord.) 1991 - Atlas préliminaire des Poissons d'eau douce de France. - MNHN, SFF, Coll. Patrim. Nat. N°4 : 233 pp.
Arnoult J. 1957 - Sur quelques Poissons rares et peu connus dans les eaux douces de France. - Bull. Mus. Hist. Nat, 6 : 464-466.
Blanchard E. 1866 - Les Poissons d'eau douce de la France. - Baillière, Paris. - BiB
Belloc E. 1899 - Noms scientifiques et vulgaires des principaux Poissons & Crustacés d'eau douce suivis d'un Index bibliographique. - Masson, Paris. - BiB
Deliry C. 2019 - Poissons de France. - Histoires Naturelles n°58. - PDF
Denys G. 2015 - Taxonomie intégrative des poissons d'eau douce de France métropolitaine. - Thèse MNHN. - BiB
Dottrens E. 1951 - Poissons d’eau douce. 2 vol. - Delachaux & Niestlé, Neuchâtel. - BiB
Duquet M. & Maurin H. 1992 - Inventaire de la faune de France. Vertébrés et principaux Invertébrés. - MNHN, Nathan : 415 pp.
Keith P. & al. (coord.) 2020Les Poissons d’eau douce de France. Deuxième édition. – MNHN, Biotope : 704 pp.
Loir M., Lusardi C & Tavernier Y. 1999 - Les Poissons des Côtes de France. - Découverte de la Nature, Ouest-France éd.
Poulet N., Beaulaton L. & Dembski S. (réd.) 2013 - Tendances évolutives des populations de Poissons de 1990 à 2009. - Les Synthèses, 7. - BiB
Rondelet G. 1558 - L'Histoire entière des Poissons. - Bonhome, Lion. - BiB
Spillmann C.J. 1961 - Poissons d'eau douce. - Faune de France, 65. - BiB
UICN (Comité français), MNHN, SFI & AFB 2019 - La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Poissons d’eau douce de France métropolitaine. - Paris, France. - PDF LINK


Liens externes

> Revue Cybium (French Ichthyological Society)
> Poissons d'eau douce de France (Histoires Naturelles)
> Loire Grands Migrateurs
> Station de comptage des Poissons migrateurs à Descarte (37/86)
> Faune Auvergne-Rhône-Alpes


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