Lion

Mammifères

Panthera leo (Linnaeus, 1758) – Famille des Felidae – (en) Lion

Dictionnaire universel d’histoire naturelle (1847-1849)
Scène de chasse royale au Lion en Assyrie : palais de Ninive (645-635 BC-

VU 2008 UICN (en déclin) (Panthera leo leo) – EN 2008 UICN (stable) (Panthera leo persica)

Il s’agit d’un des rares félins à vivre en groupe. C’est le plus sociable de tous, mais certains individus solitaires sont nomades, les plus grands groupes comprennent jusqu’à une trentaine d’individus. Les clans sont le plus généralement formées de femelles avec leurs lionceaux. C’est un très grand félin qui mesure généralement à l’âge adulte plus de 1,7 m de long et il atteint les 2,8 m (records vers 3,4 m). Le poids est d’environ 170-180 kg, mais il a atteint exceptionnellement les 313 kg. Il s’agit après le Tigre, du plus grand des félins, c’est le « roi des animaux » en Afrique. Le Lion est un animal important dans la symbolique qui s’est répercutée jusqu’en Europe depuis l’Antiquité aux époques modernes. Ses représentations y sont particulièrement développées au Moyen-Âge.

Il ne reste plus que 16500 à 30000 individus en Afrique (2004), le déclin du Lion d’Afrique est de 43% en une vingtaine d’année ; il en restait près de 200000 dans les années 1950. Par ailleurs il reste 300 Lions d’Asie, dans le nord-ouest de l’Inde au niveau du Parc National de la forêt de Gir (il n’en restait guère plus d’une vingtaine au début du XXe siècle). Alors qu’elles étaient nombreuses, le nombre de sous-espèces a été réduit à deux avec le type en Afrique et Panthera leo persica (Meyer, 1926) en Asie1. D’autres sous-espèces fossiles ont existé comme Panthera leo fossilis Ŧ (Lion des cavernes primitif) qui était présent au Pléistocène inférieur et moyen dans une grande partie de l’Ancien Monde et Panthera leo spelaeae Ŧ ou Lion des cavernes, du Pléistocène supérieur d’Europe. On trouve encore Panthera leo vereshchagini Ŧ des périodes préhistoriques de la Yakoutie, l’Alaska et du Yukon et Panthera leo atrox Leydi, 1853 Ŧ qui vivait de l’Alaska au Pérou au cours du Pléistocène supérieur2. Dans les faits le véritable Panthera leo leo est le Lion de l’Atlas, qui bien que disparu dans la nature, existerait encore dans certains zoos.

Photo prise en 1893 en Algérie par Alfred Edward Pease

Au cours de l’Holocène on trouvait encore des Lions en Europe (Panthera leo europaea affilié au Lion d’Asie), notamment dans l’Est comme en Hongrie, Ukraine et dans le sud de la Russie. Il y en avait dans les Balkans et dans le sud du continent. Au Ve siècle BC il était encore abondant en Thrace et dans le nord de la Grèce, mais il est devenu rare à l’époque d’Aristote (IVe siècle BC). Il est indiqué dans les écrits en 480 AC (dans le cadre de l’invasion de la Macédoine par Xersès dont des dromadaires de sa caravane furent tués par des Lions). Il semble avoir disparu dès le Ier siècle3. Il était encore au Daghestan au Moyen Âge. Il n’y en avait plus en Palestine à l’époque des Croisades au XIIIe siècle. Il a disparu du Moyen Orient vers la même époque et au XIXe siècle de l’Anatolie et de l’est de la Syrie. Il disparu du sud de l’Irak en 1918 et les derniers Lions d’Iran sont signalés dans les années 1940 (dernière mention en 1942). Pour l’Afrique du Nord, le dernier Lion de l’Atlas ont disparu au cours du XXe siècle. Il n’y en a plus à l’extrême sud de l’Afrique d’où a disparu vers 1860 le Lion du Cap (Panthera leo melanochaita). En Inde, il est réduit à une zone très localisée (Sanctuaire de la forêt de Gir).

L’espèce est signalée aux temps préhistoriques dans quelques localités de France, comme dans la Vienne, en Charente-Maritime et de Charente pour le Grand Poitou.

Sa répartition actuelle est très morcelée et ses populations décimées ne se trouvent plus qu’en Afrique subaharienne ainsi qu’en Inde (forêt de Gir).

Il a pu vivre autrefois dans une grande diversité d’habitats tempérés et tropicaux. Il est désormais essentiellement dans les savanes africaines ainsi que dans quelques forêts ouvertes ou zones semi-désertiques. En Afrique on trouve le Lion essentiellement dans des plaines herbeuses arborées ou dans des savanes avec ou sans arbres, des forêts claires et dans la brousse. L’espèce a été observée jusqu’à 4240 m d’altitude en Éthiopie.

Ce félin très social, peut comme je l’ai indiqué au début de ce texte, être solitaire et se déplacer en nomadisme sur des vastes territoires. Seuls quelques mâles parviennent à se reproduire. C’est un chasseur nocturne, ou diurne si le terrain lui permet d’approcher dissimulés en regard de ses proies.

©© bysa – Cyrille Deliry – Histoires Naturelles – Parc zoologique
©© bysa – Cyrille Deliry – Histoires Naturelles – Parc zoologique
  • Aldrovandus U. 1645 – De quadrupedibus digitatis viviparis libri tres et De quadrupedibus digitatis oviparis libri duo. – Bologne. – Ed. de Lausanne de 1695 ONLINE
  • Dupuis F. 2021 – Sa majesté le Lion. – Terre Sauvage, 65.

  1. On proposait Panthera leo azandica (Allen, 1924) ou Panthera leo bleyenberghi (Lönnberg, 1914) pour le Lion du Katanga, Panthera leo hollister (Allen, 1924), P. l. kamptzi (Matschier, 1990) , P. l. krugeri (Roberts, 1929) pour le Lion du Transval, P. l. massaica (Neymann, 1900) est le Lion des Massaï, P. l. senegalensis (Meyer, 1826), P. l. verneyi [AP] est le Lion du Kalahari. ↩︎
  2. On parle encore de Panthera leo melanochaita (Smith, 1858) Ŧ, P. l. sinhaleyus (Deranaiyagala, 1938) Ŧ (Sri Lanka jusque vers 16500 AP). ↩︎
  3. [1] – Homère (VIIIe siècle BC) ne cite pas le Lion dans le Péloponèse dans le cadre de ses chasses aux Cerfs. Aristote (384-322 BP), précise que les plus fortes densités se trouvent vers le fleuve Achéloos, ce qui les situe plutôt au nord de la Grèce. Elien (175-235) dit selon Aldrovandus (1645) qu’il n’y en a pas dans le Péloponèse (Grèce). Ainsi, il n’y a plus de Lions en Europe comme le précise Gesner (in Aldrovandus 1645), à moins qu’il ne soit en captivité (« zoos ») comme il est possible de le voir à Florence. La véritable patrie du Lion est selon Aldrovandus (1645), la Mauritanie (Mauritania), l’Iran (Phartia : Parthie), l’Algérie en Numidie (Maƒƒylia), entre la Libye et l’Egypte (Marmarica : Marmarique), la région de la Caspienne (Caƒpia), la Libye (Libya), la Berbérie (Getulia : vers le sud de l’Algérie, au nord du Sahara) et dans la Corne de toute l’Afrique (Cornucopia tota Africa) et même en Syrie (Syria) selon Pline [l’ancien] (23-79), il y en a au Bénin (Ouidius : Huéda, Ouidah), au Ghana [?] (Faƒtis : peuple Fanti [?]), c’est à dire, des localités situées en Afrique occidentale (com. pers.). Plus loin Aldrovando (1645) détaille les citations selons divers auteurs. On trouve encore vers le sud-est de l’Algérie (Angad Deƒerto : Plaine d’Angad), en Nubie (Regnum Senegae Nigritarum : Royaume des noirs de Sénèque, en référence à l’exploration du Nil réalisée vers l’an 62 sous la demande de Néron et qui semble avoir atteint le sud du Soudan, voire le nord de l’Ouganda). Par contre la citation de Madagascar (Madifgascar) n’est pas acceptable (com pers.). Aldrovando (op. cit.) cite un certain Amplius Gaƒpar Balbus qui dans son voyage à travers les Indes, il a trouvé des lieux particuliers et infestés de Lions. Je ne sais pas situer ni ce personnage, ni ce voyage, et donc pas de date, mais cet élément témoigne d’une abondance des Lions d’Asie en Inde au moins localement (com. pers.)… La frontière de la langue (le texte est en latin), et une géographie parfois complexe à reconstituer, ne facilite pas les choses, mais grosso modo on peut dire qu’Aldrovando (op. cit.) a une vision assez correcte de la répartition du Lion pour son époque, toutefois il puise parfois ses sources chez des auteurs antérieurs de plusieurs siècles, donc si on a un panorama de l’époque, il n’est pas obligatoirement conforme au XVII] siècle exactement. Il n’y a plus de Lions en Europe, mais les derniers sont envisagés en Grèce vers l’époque d’Aristote, ils sont au Proche Orient, en Iran, en Inde, ainsi qu’en Afrique du Nord, depuis au moins l’Algérie à la proximité de l’Egypte, sa présence vers les hautes vallées du Nil est signalée, ainsi qu’en Afrique occidentale selon mon interprétation. Par contre, son évocation à Madagascar relève d’une erreur ou du zèle d’un des auteurs étudié par Aldrovandus [hic, 18 janvier 2024]. ↩︎
  4. Le déclin du Lion en Afrique du Nord débute dès le XV-XVIe siècle. Il y en avait encore au XVIIIe siècle sur l’ensemble du Maghreb, alors en continuité au nord de la Libye avec les Lions d’Afrique. En Algérie, ce sont par exemples des chasses turques qui ont conduit à la disparition du Lion de l’Atlas. Le dernier Lion pour la Tunisie a été tué en 1891. L’espèce s’est mieux maintenue au Maroc où le dernier contact a l’objet d’une photographie prise d’un avion en 1925 dans l’Atlas sur un vol entre Casablanca et Dakar. On a encore tué une lionne en 1942 dans le Haut Atlas marocain, et on envisage qu’une très petite population a pu subsister jusqu’aux années 1960, notamment dans la forêt de Sétif. ↩︎
Lionne représentée dans l’ouvrage d’Aldrovandus (1645)