Lion

Mammifères

Panthera leo – Famille des Felidae – (en) Lion

Dictionnaire universel d’histoire naturelle (1847-1849)
Scène de chasse royale au Lion en Assyrie : palais de Ninive (645-635 BC-

Il s’agit d’un des rares félin à vivre en groupe.

Il ne reste plus que 16500 à 30000 individus en Afrique, le déclin du Lion d’Afrique est de 43% en une vingtaine d’année. Par ailleurs il reste 300 Lions d’Asie, dans le nord-ouest de l’Inde au niveau du Parc National de la forêt de Gir. Alors qu’elles étaient nombreuses, le nombre de sous-espèces a été réduit à deux avec le type en Afrique et Panthera leo persica en Asie. D’autres sous-espèces fossiles ont existé comme Panthera leo fossilis Ŧ qui était présent au Pléistocène inférieur et moyen dans une grande partie de l’Ancien Monde et Panthera leo spelaeae Ŧ ou Lion des cavernes, du Pléistocène supérieur d’Europe. On trouve encore Panthera leo vereshchagini Ŧ des périodes préhistoriques de la Yakoutie, l’Alaska et du Yukon et Panthera leo atrox Ŧ qui vivait de l’Alaska au Pérou au cours du Pléistocène supérieur.

Photo prise en 1893 en Algérie par Alfred Edward Pease

Au cours de l’Holocène on trouvait encore des Lions en Europe, notamment dans l’Est comme en Hongrie, Ukraine et dans le sud de la Russie. Il y en avait dans les Balkans et dans le sud du continent. Au Ve siècle BC il était encore abondant en Thrace et dans le nord de la Grèce, mais il est devenu rare à l’époque d’Aristote (IVe siècle BC). Il semble avoir disparu dès le Ier siècle1. Il était encore au Daghestan au Moyen Âge. Il a disparu du Moyen Orient vers la même époque et au XIXe siècle de l’Anatolie et de l’est de la Syrie. Il disparu du sud de l’Irak en 1918 et les derniers Lions d’Iran sont signalés dans les années 1940. Pour l’Afrique du Nord, le dernier Lion de l’Atlas ont disparu au cours du XXe siècle. Il n’y en a plus à l’extrême sud de l’Afrique d’où a disparu vers 1860 le Lion du Cap (Panthera leo melanochaita). En Inde, il est réduit à une zone très localisée (Gir).

L’espèce est signalée aux temps préhistoriques dans quelques localités de France, comme dans la Vienne, en Charente-Maritime et de Charente pour le Grand Poitou.

Il a pu vivre autrefois dans une grande diversité d’habitats tempérés et tropicaux. Il est désormais essentiellement dans les savanes africaines ainsi que dans quelques forêts ouvertes ou zones semi-désertiques.

©© bysa – Cyrille Deliry – Histoires Naturelles – Parc zoologique
©© bysa – Cyrille Deliry – Histoires Naturelles – Parc zoologique
  • Aldrovandus U. 1645 – De quadrupedibus digitatis viviparis libri tres et De quadrupedibus digitatis oviparis libri duo. – Bologne. – Ed. de Lausanne de 1695 ONLINE
  • Dupuis F. 2021 – Sa majesté le Lion. – Terre Sauvage, 65.

  1. [1] – Homère (VIIIe siècle BC) ne cite pas le Lion dans le Péloponèse dans le cadre de ses chasses aux Cerfs. Aristote (384-322 BP), précise que les plus fortes densités se trouvent vers le fleuve Achéloos, ce qui les situe plutôt au nord de la Grèce. Elien (175-235) dit selon Aldrovandus (1645) qu’il n’y en a pas dans le Péloponèse (Grèce). Ainsi, il n’y a plus de Lions en Europe comme le précise Gesner (in Aldrovandus 1645), à moins qu’il ne soit en captivité (« zoos ») comme il est possible de le voir à Florence. La véritable patrie du Lion est selon Aldrovandus (1645), la Mauritanie (Mauritania), l’Iran (Phartia : Parthie), l’Algérie en Numidie (Maƒƒylia), entre la Libye et l’Egypte (Marmarica : Marmarique), la région de la Caspienne (Caƒpia), la Libye (Libya), la Berbérie (Getulia : vers le sud de l’Algérie, au nord du Sahara) et dans la Corne de toute l’Afrique (Cornucopia tota Africa) et même en Syrie (Syria) selon Pline [l’ancien] (23-79), il y en a au Bénin (Ouidius : Huéda, Ouidah), au Ghana [?] (Faƒtis : peuple Fanti [?]), c’est à dire, des localités situées en Afrique occidentale (com. pers.). Plus loin Aldrovando (1645) détaille les citations selons divers auteurs. On trouve encore vers le sud-est de l’Algérie (Angad Deƒerto : Plaine d’Angad), en Nubie (Regnum Senegae Nigritarum : Royaume des noirs de Sénèque, en référence à l’exploration du Nil réalisée vers l’an 62 sous la demande de Néron et qui semble avoir atteint le sud du Soudan, voire le nord de l’Ouganda). Par contre la citation de Madagascar (Madifgascar) n’est pas acceptable (com pers.). Aldrovando (op. cit.) cite un certain Amplius Gaƒpar Balbus qui dans son voyage à travers les Indes, il a trouvé des lieux particuliers et infestés de Lions. Je ne sais pas situer ni ce personnage, ni ce voyage, et donc pas de date, mais cet élément témoigne d’une abondance des Lions d’Asie en Inde au moins localement (com. pers.)… La frontière de la langue (le texte est en latin), et une géographie parfois complexe à reconstituer, ne facilite pas les choses, mais grosso modo on peut dire qu’Aldrovando (op. cit.) a une vision assez correcte de la répartition du Lion pour son époque, toutefois il puise parfois ses sources chez des auteurs antérieurs de plusieurs siècles, donc si on a un panorama de l’époque, il n’est pas obligatoirement conforme au XVII] siècle exactement. Il n’y a plus de Lions en Europe, mais les derniers sont envisagés en Grèce vers l’époque d’Aristote, ils sont au Proche Orient, en Iran, en Inde, ainsi qu’en Afrique du Nord, depuis au moins l’Algérie à la proximité de l’Egypte, sa présence vers les hautes vallées du Nil est signalée, ainsi qu’en Afrique occidentale selon mon interprétation. Par contre, son évocation à Madagascar relève d’une erreur ou du zèle d’un des auteurs étudié par Aldrovandus [hic, 18 janvier 2024]. ↩︎
Lionne représentée dans l’ouvrage d’Aldrovandus (1645)