Oiseaux du Grand Poitou (Poitou-Charentes & Vendée)

OiseauxGrand PoitouOiseaux de France (résumé)Éléments d’ornithologie niortaise

Liste Rouge des Oiseaux nicheurs du Poitou-Charentes

Référence : Jomat & Jourde (2018).

  • RE – Butor étoilé – Fauvette orphée – Gobemouche noir – Grande Outarde – Marouette de Baillon – Marouette poussin – Mouette tridactyle – Pie-grièche à poitrine rose – Pie-grièche grise
  • CR – Alouette calandrelle – Barge à queue noire – Bécassine des marais – Blongios nain – Chevalier guignette – Cincle plongeur – Crabier chevelu – Faucon pèlerin – Fuligule morillon – Grand Corbeau – Guifette norie – Hibou des marais – Hibou Grand-duc – Mésange noire – Mésange à moustaches – Mouette mélanocéphale – Pic cendré – Pipit maritime* – Pouillot fitis – Râle des genets* – Rousserolle turdoïde* – Sarcelle d’été – Traquet tarier*
  • EN – Bécasse des bois – Bouvreuil pivoine* – Bruant des roseaux – Bruant ortolan – Canard chipeau – Circaète Jean-le-Blanc – Courlis cendré – Goéland marin – Gravelot à collier interrompu – Locustelle luscinioïde – Moineau friquet* – Outarde canepetière – Pie-grièche à tête rousse – Pigeon colombin – Pipit farlouse – Pipit rousseline – Pouillot siffleur – Sarcelle d’hiver – Spatule blanche – Traquet motteux
  • VU – Alouette des champs* – Autour des Palombes – Avocette élégante – Bondrée apivore – Bruant proyer* – Busard des roseaux – Caille des blés* – Canard souchet – Chevalier gambette – Chouette effraie* – Fauvette pitchou – Fuligule milouin – Goéland argenté* – Goéland leucophée – Grand Cormoran – Grèbe huppé – Guêpier d’Europe – Héron bihoreau – Héron pourpré – Hibou petit-duc – Locustelle tachetée – Mésange huppée – Mesange nonette – Moineau soulcie – Mouette rieuse – Petit Gravelot – Pic noir – Phragmite des joncs – Râle d’eau – Roitelet huppé – Rousserolle effarvate – Sterne pierregarin – Torcol fourmilier – Tourterelle des bois* – Vanneau huppé

* : espèces en déclin important (respectivement taux de déclin dépassent les 80% [CR], 50% [EN], 30% [VU]).

Procellariidés

Puffin fuligineux (Puffinus griseus)

Une paire obtenue suite à une violente tempête le 10 septembre 1909 à plusieurs km au large du littoral de la Vendée (Anfries 1909).

Hydrobatidés

Océanite cul-blanc (Oceanodroma leucorrhoa)

Cette espèce est régulière sur la façade atlantique au début du XXe siècle, lors des tempêtes d’automne, notamment jusque que dans l’estuaire de la Gironde comme à Royan (Charente-Maritime) (Bon 1913). L’espèce a ainsi été observée lors de coups de vents exceptionnels, comme en novembre 1931, en nombre jusque dans les terres (Fontenay-le-Comte, Vendée ; Matha, Charente ; Parthenay, Deux-Sèvres) (Séguin-Jard 1932, Guérin 1932).

Ciconiidés

Cigogne blanche (Ciconia ciconia)

Population en augmentation en 2020 par rapport à 2019 (+13%) ce qui porte à 628 couples installés en Poitou-Charentes. Par contre les conditions météorologiques ont été peu favorables au développement des jeunes (LPO Info Poitou-Charentes n°11).

Accipitridés

Busard des roseaux (Circus aeruginosus)

On nommait cette espèce, la Cossard, à Niort. L’espèce se trouvait dans presque tous les marais et étangs des Deux-Sèvres, ainsi que sur les bords de la Sèvre là où elle n’est pas navigable ; sédentaire (Guillemeau 1806). Sur tous les étangs vers Argenton-Château (Deux-Sèvres) (Bureau 1913).

Busard Saint-Martin (Circus cyaneus)

Espèce très commune dans le canton d’Argenton-Château (Deux-Sèvres) (Bureau 1913). Son déclin récent est inquiétant dans le Marais Poitevin [2022].

Otididés

Grand Outarde (Otis tarda)

RE 2018 – Le Poitou a été un des derniers sites de nidification de l’espèce en France. L’espèce y nichait encore « régulièrement » au XVIIIe siècle et pourrait avoir subsisté jusqu’au milieu du XIXe siècle alors qu’elle disparaissait du pays.

Outarde canepetière (Tetrax tetrax)

EN 2018 – En déclin inquiétant dans le Marais Poitevin [2022].

Charadriidés

Pluvier argenté (Pluvialis squatarola)

Rare aux deux passages dans les Deux-Sèvres, les effectifs ne passant pas la quinzaine d’individus. L’essentiel des observations ont lieu depuis fin septembre à fin décembre puis en fin avril à fin mai. Quelques contacts ont lieu occasionnellement en août et janvier, ainsi qu’en mars et en juin (Fouquet 2021).

Pluvier doré (Pluvialis apricaria)

Cette espèce paraît commune en période internuptiale dans les Deux-Sèvres, essentiellement depuis (août) octobre à mars (avril). Elle est beaucoup plus rarement contactée le reste de l’année. Les effectifs sont maximum en novembre-décembre. Ceux-ci chutent rapidement suite à de forts gels. Un record numérique de 6500 individu est donné le 13 janvier 2004 aux Réguêrets, probablement suite à une fuite hivernale lors d’une vague de froid. On peut penser avec un cumul de records numériques dans les années 2000 à un déplacement de l’aire de répartition, plus qu’à une augmentation des populations globales qui sont réputées en déclin (voir Gouëllo 2016). Dès lors les effectifs records ont diminué les saisons suivantes (Fouquet 2021). Hivernant grégaire, qui se rassemble en de rares bandes parfois passant le millier d’individus. Le comptage de mi-janvier 2023 en a révélé plus de 2950 au total sur les Deux-Sèvres (Braud 2023).

Vanneau huppé (Vanellus vanellus)

Il s’agit du Limicole, le plus commun et le plus abondant, et de loin, des Deux-Sèvres. Toutefois l’espèce ne niche qu’en faible nombre sur le département et s’observe essentiellement en période internuptiale. Les effectifs augmentent progressivement dès le mois de juin (rassemblements postnuptiaux) et après avoir atteint un plateau en fin d’été, ils progressent de nouveau dès la fin du mois d’octobre pour atteindre les populations hivernantes optimales entre novembre et début mars. En mars les oiseaux qui ne nichent pas partent rapidement et la migration prénuptiale, entamée dès janvier cesse. Toute vague de froid majeure se traduit par une fuite hivernale des oiseaux présents. On a pu compter un record de plus de 20000 oiseaux au Lac du Cébron en février 2007, un site où des records de plus de 10000 individus ont été enregistrés à plusieurs reprises. On sait peu de chose sur l’origine des Vanneaux vus dans les Deux-Sèvres : oiseaux internuptiaux originaire de Belgique ou pris aux passages en Italie. Les hivernant forment des petites bandes éparses dans les campagnes, pouvant se rassembler sur certains sites occupés par les oiseaux d’eau (Fouquet 2021). Ainsi lors du comptage Wetland de mi-janvier 2023, plus de 3000 individus ont été comptabilisés sur les Deux-Sèvres (Braud 2023).

Vanneau sociable (Vanellus gregarius)

Six mentions internuptiales dans les Deux-Sèvres en mars et d’octobre à décembre (Fouquet 2021).

Scolopacidés

Barge rousse (Limosa lapponica)

Rare aux deux passages dans les Deux-Sèvres, celui d’automne étant plus fourni : en (juillet) septembre (mi novembre) et de mi avril à mi mai. Pas d’observation chaque année et rien depuis 2015. Un oiseau bagué de passage en Angleterre a été retrouvé à l’état de cadavre en hiver (Fouquet 2021).

Bécasseau rousset (Tryngites subruficollis)

Un juv. du 28 septembre au 8 octobre 1995 au Lac du Cébron (Deux-Sèvres – Amouet 1996 in Fouquet 2021).

Bécasseau tacheté (Calidris melanotos)

Dans les Deux-Sèvres, la grande majorité des observations de cette espèce occasionnelle, se concentre en septembre et plus particulièrement vers la moitié ce mois. Quatre des sept mentions ont été rapportée sur la Lac du Cébron (Fouquet 2021).

Chevalier à pattes jaunes (Tringa flavipes)

Un ind. le 7 décembre 1982 au Lac du Cébron (Deux-Sèvres) (Fouquet 1985 in Fouquet 2021), 14e mention française et 1ère hivernale.

Chevalier combattant (Philomachus pugnax)

Il s’agit d’une espèce peu commune aux deux passages (juillet à mi novembre, maximum en septembre ; février à mai, surtout en mars-avril), rare en hiver dans les Deux-Sèvres. Quelques oiseaux vus en juin participe à l’un ou l’autre des deux passages. On peut en voir à peu près toute l’année. Les records numériques passent les 30 individus, voire atteignent la soixantaine d’oiseaux (Fouquet 2021).

Chevalier culblanc (Tringa ochropus)

Espèce commune dans les Deux-Sèvres, cette espèce s’observe en période internuptiale de manière relativement continue entre juin (début de la migration postnuptiale) et avril (fin de la migration prénuptiale). Il y a très peu de mentions en mai et les mentions existantes restent à confirmer. La migration d’automne culmine en juillet-août en se poursuit sensiblement jusqu’en septembre, voire novembre avant de se fondre dans la période d’hivernage. Un premier passage prénuptial semble exister en janvier, mais il est surtout caractérisé en mars et début avril. Cette dernière phase est plus limitée que le passage postnuptial. Les records approchent les 30-40 individus, mais l’oiseau est le plus souvent solitaire ou en très petits groupes (Fouquet 2021).

Chevalier guignette (Actitis hypoleucos)

Il s’agit du chevalier le plus communément observé dans les Deux-Sèvres et de loin. Il est visible toute l’année, mais ne se reproduit généralement pas dans le département bien que des parades nuptiales aient parfois lieu. Une ponte prédatée a été découverte en 1980 dans le Marais Poitevin, relève de l’exception. Ses deux passages sont significatifs, en particulier en période postnuptiale (juillet à mi-octobre, avec un pic net en août). Le passage prénuptial se déroule en avril – mai (Fouquet 2021). L’hivernage est irrégulier et les observations du mois de juin sont quasi anecdotiques (Braud 2023). Des records dépassant les 80 individus ont été enregistrés au Lac du Cébron avec un maximum de 170 oiseaux (Fouquet 2021).

Chevalier sylvain (Tringa glareola)

Espèce assez rare commune aux deux passages dans les Deux-Sèvres, le passage postnuptial étant de loin le plus important. Celui-ci débute en (juin) juillet et se poursuit avec un pic en août, jusqu’à la mi septembre (début novembre). Le passage prénuptial centré sur la charnière entre avril et mai, commence début avril pour se terminer fin mai (juin). Généralement solitaire ou en très petits groupes, on a noté pour le département des records approchant la vingtaine d’individus (Fouquet 2021).

Courlis cendré (Numenius arquata)

Espèce nicheuse en faible nombre dans les Deux-Sèvres (Mellois et Plaine d’Oiron Thénézay), migratrice et hivernante peu commune ; elle peut s’observer toute l’année sur le département. Le passage postnuptial est sensible dès août à octobre accompagné d’une seconde vague de passage en novembre, il est suivi par une période d’hivernage d’importance variable selon les années, alors que les effectifs sont supérieurs. Le passage prénuptial se fond avec l’hivernage et se poursuit jusqu’en mars voire avril. Les oiseaux les plus nordiques migrent le plus tardivement. Le record de 201 individus est enregistré au Lac du Cébron le 3 janvier 1996 (Fouquet 2021).

Courlis corlieu (Numenius phaeopus)

Cette espèce est peu commune dans les Deux-Sèvres, notée de manière équilibrée aux deux passages qui se déroulent de (juin) juillet à août (septembre) et d’avril à mai (voire juin). On note des groupes record de plus de 20 individus, avec un cas exceptionnel de 195 individus le 29 avril 1986 à Mouzé Thouarsis (Fouquet 2021).

Lac du Bourget (Savoie) le 28 avril 2015 – Flickr
©© byncsa – Jean Guérin
Laridés

Mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus)

Des reprises de bagues faite en 1917 dans le secteur de La Rochelle (Charente-Maritime) entre début février et mi mars révèlent des venues d’oiseaux en provenance d’Allemagne ou d’Angleterre (Feydaud in RfO n°105 : 198).  Dans les Deux-Sèvres, ce sont plusieurs milliers d’individus (plus de 5000) qui occupent le département pour hiverner. On les compte aux dortoirs hivernaux de Laridés et celui du Lac du Cébron en rassemble près de 4000 (Braud 2023). Elle est de nouveau nicheuse dans la Vienne, après 17 ans d’absences, avec pas moins de trois sites découverts en 2020 (LPO Info Poitou-Charentes n°11).

Stercorariidés

Labbe parasite (Stercorarius parasiticus)

Cinq mentions seulement dans les Deux-Sèvres d’individus isolés, dont trois en septembre. Sinon l’espèce a été vue en mars (cadavre ancien) et novembre (Fouquet 2021).

Labbe pomarin (Stercorarius pomarinus)

Trois mentions seulement dans les Deux-Sèvres en novembre 1985, octobre 1991 et stationnement d’un individu du 22 septembre au 16 octobre 1996, toutes au Lac de Cébron (Fouquet 2021).

Strigidés

Hibou des marais (Asio flammeus)

C’était un oiseau peu commun dans le bocage des Deux-Sèvres, sauf lors des pullulations de Campagnols, où il est alors plus fréquent (Bureau 1913).

Alaudidés

Alouette haussecol (Eremophila alpestris)

Un mâle acquis le 29 novembre 1921 à l’Aiguillon sur Mer (Vendée) (Seguin-Jard 1922).

Acrocéphalidés

Rousserolle turdoïde (Acrocephalus arundinaceus)

Espèce En Grave Danger (CR) en Poitou-Charentes. Un déclin extrême (90%) a été enregistré dans les années 2000 et celui-ci se poursuivant, l’espèce est au bord de l’extinction pour la région [2016]. C’était un oiseau nicheur, migrateur dans les Deux-Sèvres au XIXe siècle, elle était alors assez commune aux passages. Elle était dans le Marais Poitevin, nicheuse localisée au début du XXe siècle, rapidement en déclin, fait signalé dès les années 1930. Elle reste toutefois toujours assez nombreuse localement dans les années 1960 quoique très localisé dans le dit Marais. Les mentions y paraissent quasi occasionnelles dans les années 1970-80, néanmoins les recherches menées dès les années 1990-2000 permettent d’estimer la population avec plus de fiabilité. Le maximum d’une quarantaine de couples est donné pour le Marais Poitevin en 2009, puis la population décline encore fortement et on considère qu’elle a disparu alors que les habitats subsistent (Thomas & Godet 2019).

Sturnidés

Martin roselin (Sturnus roseus)

Une femelle a été tuée le 22 octobre 1913 à l’Aguillon (Vendée) (Seguin-Jard 1915).

Cinclidés

Cincle plongeur (Cinclus cinclus)

L’espèce est limitée aux confins de la Charente, contre le Massif Central. Une indication en Charente Maritime.

© Yves Dubois (Naturellement vôtre)
Passeridés

Moineau domestique (Passer domesticus)

Fringillidés

Pinson du Nord (Fringilla montifringilla)

Ne niche pas dans les Deux-Sèvres où il ne reste que par grands froids. Très commun vers Niort, Chizé, Parthenay, l’Absie, Argenton-Château, etc. en décembre et janvier (Guillemeau 1806). On l’appelle vers Niort le Pinson d’hiver.

Emberizidés

Bruant jaune (Emberiza citrinella)

En déclin dans le Marais Poitevin [2022].

Bruant ortolan (Emberiza hortulana)

Arrive au printemps (mai) et repart en septembre dans les Deux-Sèvres. Pays de plaine du département. Vu à Argenton-Château, Aubiers, Rigny, Thouars, Maisontiers, Saint-George-de-Noiné, Exireuil, Vouillé, Souché, Saint-Florent, Niort, etc (Guillemeau 1806).

Références

  • Bon M. 1913 – Note sur des captures faites à Royan. – Revue française d’Ornithologie, 45.
  • Braud C. (coord.) 2023 – Synthèse des comptages d’oiseaux d’eau à la mi-janvier 2023 en Deux-Sèvres. – Tableau PDF, GODS & OFB.
  • Bureau G. 1913 – Catalogue des Rapaces et des Grimpeurs observés dans le canton d’Argenton-Château (Deux-Sèvres). – Revue française d’Ornithologie, 52/53.
  • Dubrac B., Nicolle S. & Michel H. 1999 – Guide des oiseaux du Poitou-Charentes et Vendée. – Hypolaïs ed.Carquil P. 2015 – Oiseaux de Vendée et du Poitou. – J.P.Gisserot éd.
  • Fouquet M. 2021 – Phénologie des oiseaux migrateurs en Deux-Sèvres. Première partie : les laro-limicoles. – Groupe Ornithologique des Deux-Sèvres.
  • Guillemeau J.L 1806 – Essai sur l’histoire naturelle des oiseaux du département des Deux-Sèvres. – Elies-Orillat, Niort. – ONLINE
  • Jomat L. & Jourde P. 2018 – Liste Rouge des Oiseaux nicheurs du Poitou-Charentes. – Poitou-Charentes Nature. – PDF LINK
  • Jourde P. & al. (coord.) 2016 – Les Oiseaux du Poitou-Charentes. – Poitou-Charentes Nature.
  • Marchadour B. (coord.) & al. 2014 – Liste Rouge des populations d’Oiseaux nicheurs des Pays de la Loire. – Lpo Pays de la Loire, Bouchemaine : 24 pp. – PDF LINK
  • Mercier F. & Cohendoz S. (coord.) 2019 – Atlas des oiseaux en hiver du Poitou-Charentes (2009-2013). – Poitou-Charentes Nature. – PDF LINK
  • Thomas A. & Godet L. 2019 – Biohistoire de l’avifaune nicheuse du Marais Poitevin. Bilan des prospections réalisées pour la saison de reproduction 2019. – CNRS & col. – PDF LINK