Parc Naturel Marin de l’Estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis

Grand PoitouCharente-MaritimeVendée – Gironde

Le Parc Naturel marin de l’Estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis bonne plus de 1000 km de côtes longeant 113 communes des départements de la Vendée, la Charente-Maritime et de la Gironde.

Sa surface totale est de 6500 km2 et il est situé sur l’Océan Atlantique. Six estuaires de fleuves côtiers sont concernés. Il s’agit du Payré en Vendée en limite nord du Parc, du Lay, de la Sèvre niortaise, de la Charente , de la Seudre et le très grand estuaire de la Gironde. Les fleuves ou fleuves côtiers sont essentiels pour la remonté d’espèces de Poissons migratrices amphihalines et la qualité de leurs eaux enrichit les eaux marines des Pertuis en alluvions riches en substances minérales. Le Parc couvre le Plateau continental sur une trentaine de kilomètres à partir des côtes. La quasi totalité du Parc se trouve sur diverses zones du réseau Natura 2000. Il y en a 25 et quatre Réserves Naturelles Nationales y sont contiguës.

Vers la sortie de la Sèvre Niortaise, Charente-Maritime.
Photo illustrant l’ouvrage de La Rivière & al. (2022 : 155)
©© byncsa – Cyrille Deliry (Histoires Naturelles)

Les Pertuis sont des mers intérieures protégées par des îles, il y en a trois matinés par les eaux de six estuaires : le Pertuis breton, ceux d’Antioche et de Maumusson. La rencontre des eaux douces et marines conduit en ces endroits, à la concentration d’une richesse nutritive exceptionnelle aux habitats. La richesse des communautés planctoniques, des coquillages, des poissons migrateurs, des mammifères marins qui s’y rencontre est associée à la qualité particulière des eaux des Pertuis. Les estrans étendus, associés à de fortes amplitudes des marées comme dans la Baie de l’Aiguillon par exemple, sont des habitats transitoirement découverts par les marées et qui ont un grand intérêt. Il s’agit de lieux de nourrissage, de frayères… et ils sont propices au développement d’activités humaines originales en relation avec les eaux marines. Le milieu marin reste largement méconnu du fait de sa complexité et de sa difficulté d’accès : les écosystèmes, les interactions des activités humaines avec le milieu marin restent à étudier. Tant sur les côtes que très au large ce sont des myriades d’Oiseaux migrateurs qui trouvent ici leurs voies et les oiseaux marins et côtiers sont très diversifiés et nombreux en période hivernale car ils trouvent sur le domaine du Parc des zones de repos et d’alimentation adéquates. Le Maigre est un Poisson remarquable qui se reproduit (frayères) dans l’estuaire de la Gironde, un endroit quasi unique pour cette espèce y compris à l’échelle de l’Europe. Parmi les Poissons remarquables, voire exceptionnels on retiendra les espèces amphihalines qui sont les Aloses et l’Esturgeon d’Europe.

Esturgeon – Planche de Jordan (1907)

••• Plaquette de présentation (PDF) •••

Historiquement, c’est la loi du 14 avril 2006 qui fonde un nouveau concept d’aire marine protégée : les Parc Naturels Marins. En ce qui concerne celui-ci, les études courent dès 2009 et sa création est datée du 15 avril 2015 (Communiqué – PDF), soit presque jour pour jour, 10 ans après la loi fondatrice. Son premier plan de gestion est préparé sur trois années et il est validé le 13 avril 2018. Il couvre la période 2018-2033.

L’équipe de permanents du Parc est dirigée par l’Agence Française de la Biodiversité et plus particulièrement l’Agence des aires marines qui y est intégrée. Le logo du Parc de la Gironde et de la mer des Pertuis, allie les activités humaines, avec le carrelet typique des côtes atlantiques, des Puffins des Baléares pour les Oiseaux, les Maigres pour les Poissons et les Zostères dont un herbier symbolise la végétation. On y retrouve les symboles de la faune du large.

Les objectifs du Parc sont la connaissance du milieu marin, sa protection et le développement durable des activités humaines liées à la mer. Ses activités sont fortement tournées vers l’exploitation raisonnée des ressources maritimes comme l’ostréiculture…

Le suivi d’habitats côtiers est l’objet du projet CoEHCo (Connaissance et Évalution de l’état des Habitats bentiques Côtiers). La priorité est donné à l’étude des prés salés, des récifs d’hermelles (Sabellaria alveolata), des herbiers à zoostères naines (Zostera noltei) et des vasières intertidales, autant de milieux pour lesquels le Parc a une responsabilité de préservation importante.

Le Parc est le premier bassin conchylicole européen, avec l’ostréiculture (la moitié de la production d’Huîtres en France environ) et la Mytiliculture. La conchyliculture est concentrée sur près de 4000 ha de concessions installée sur le Domaine Public Maritimes. Il y a plus de 40 ports conchylicoles sur le littoral. La qualité des eaux en provenance du continent est essentielle dans ces activités. Les alluvions amenés sont poussés loin en mer et la Gironde agit sur la quasi totalité de la surface . Les « élevages » de coquillages contribuent à modifier significativement la qualité des eaux marines par leur impact dans la filtration des eaux salines. Cette activité agissante sur l’environnement marin global a quelques conséquences sur la présence de pollution macroscopique ou sur l’artificialisation des lieux (plastiques, bouchots, structures métalliques), la dégradation de certains herbiers à Zostère naine, l’activité régulière perturbant la présence des Oiseaux ou encore par l’introduction involontaire d’espèces exotiques comme le Bigorneau perceur japonais (Onecebra inornata). Par ailleurs des coquillages de type féral viennent par dispersion s’installer sur les habitats naturels d’origine. Parmi les activités humaines impactant l’environnement une activité de pêche professionnelle est portée par une flotte de près de 400 navires allant de petits bateaux de pêche traditionnelle à de plus grands vaisseaux dédiés à une pêche hauturière industrialisée. Le Parc encourage les méthodes de pêche durable restant possible dans un contexte. De plus une pêche à pied professionnelle récolte notamment des Palourdes, des Tellines ou des Huîtres creuses, alors férales. La pression humaine est ajoutée d’activités industrielles comme l’extraction de granulats de fonds marins. La centrale nucléaire du Blayais sur la Gironde agit immanquablement sur une partie de l’estuaire. L’avenir est envisagé dans le cadre d’activités industrielles autour d’énergie marine renouvelable comme le portage de parcs éoliens (fixés ou flottants) ou de projets d’usines hydrauliques au niveau des estuaires. Ces dernières nouveautés, encore en phase de projets, auront un impact sur le fonctionnement des écosystèmes qui restent jusqu’alors de bonne qualité. Ils sont associés à des perturbations significatives lors de leur installation, leur exploitation et en termes de connexion avec le continent où devra être portée l’électricité produite, sans compter les nouvelles infrastructures qui seront nécessaires pour la gestion et la répartition de cette énergie sur le continent. Une phase d’expérimentation, suivi puis de remédiation est envisagée dans un contexte d’exemplarité. La pression des activités de loisir côtières est importante et pas moins de 160 plages sont concernées. La pression touristique sur le littoral y est très importante.