Vautour moine

Oiseaux

Aegypius monachus – Famille des Accipitridae

Le Vautour moine est aussi le Vautour noir, le Vautour arrian ou le Grand Vautour des anciens. – Planche de Vieillot (XIXe siècle) en présentation

C’est une espèce nicheuse rare dans le Paléarctique Ouest avec une aire restreinte dans la Péninsule ibérique, les Balkans, localement aux Baléares. L’espèce est plus répandue en Anatolie, dans le Caucase et le sud de la Crimée. Sa réintroduction est en cours dans le Sud du Massif Central et dans les Alpes françaises. Le Vautour moine a disparu de Tchécoslovaquie, Roumanie, Moldavie, Sardaigne et de Chypre. On comptait dans les années 1990 entre 900 et 1000 couples en Europe, dont la quasi totalité se trouvait en Espagne. En France il niche désormais en quelques points des Cévennes et du Sud des Alpes dans le cadre de campagnes de réintroduction. On le voit en erratisme ailleurs, essentiellement dans des massifs montagneux. Aristote ( ca.350 BP) distingue un Vautour brun du Vautour cendré (Gyps fulvus), les deux inclus sous le nom Gyps. Pline (ca.50) distingue bine le Vautour noir (ou Grand Vautour) qu’il dit être le plus fort des Vautours, précisant que personne n’a atteint leur nid qui sont faits sur des rochers excessivement élevés. En conséquence il s’agit d’une espèce rare, se trouvant dans des montagnes reculées (com. pers.). Belon (1555) sépare, en parlant du Vautour brun d’Aristote, une variante qui est le Vautour noir. Vautour brun d’Aristote pourrait en définitive être plus volontiers le Percnoptère (Neophron percnopterus). Il traite une forme dite Vautour brun ou blanchastre correspondant au Percnoptère dont il semble confondre tour à tour les caractéristiques de ce dernier et du Vautour moine. Ménégaux (1932) signale parmi ses synonymes, le Vautour noir, qui comme nous le constatons est un oiseau mal distingué, déjà vraisemblablement rare et confondu avec d’autres espèces de l’Antiquité au XVIe siècle (com. pers.).

Pour Crespon (1844) c’est un visiteur dans les Pyrénées françaises et il se montrait accidentellement en Provence. L’auteur méridional dit qu’il arrive dans les montagnes qui bordent la Crau (cf. Alpilles), courant mai et il est assez rare. La dernière mention dans la Drôme date de 1840 selon mes recherches. L’auteur savoyard Bailly (1853-54) le connaît dans le Languedoc et dit qu’il été vu en Savoie. Des erratiques venus d’Espagne forment des groupes d’une centaine observés en 1855 et 1856 vers Agen (Degland & Gerbe 1867). Mes recherches montrent que jusqu’en 1900, il y eu de la même manière quelques observations dans les Cévennes. Il est encore nicheur dans les Pyrénées et les Alpes méridionales selon Etoc (1909). Lavaudan (1910) précise qu’il a été vu dans le Dauphiné. Il était autrefois de passage annuel en Provence mais il a disparu (L’Hermitte 1915).

Les premiers lâchers de réintroduction ont lieu dans les Cévennes en 1992, lieu où la première nidification est enregistrée en 1996. Il faut attendre 2002 pour revoir l’oiseau dans les Alpes française, notamment en Isère, avec une première mention le 14 septembre 2002 à Chichilianne (M.Fonters). Cette observation suit en fait, de peu la première observation moderne de l’espèce dans les Alpes faite avec 2 individus à Chamaloc (Drôme) le 4 juin 2002, puis les signalements à Rémuzat (Drôme) du 5 au 7 juin 2002. La même année l’erratisme se confirme dans les Alpes avec d’autres observations en Isère, Haute-Savoie et dans le Valais suisse. Les observations sont ensuite assez régulières dans la chaîne alpine… Sa réintroduction dans les Alpes française a lieu un peu plus tard dans les années 2000, dans la Drôme, vers Rémuzat et une aire est signalée en 2007.

Cet oiseau niche en colonie sur les arbres, principalement sur des Chênes verts dans le régions montagneuses entre 300 et 1400 m. Il fréquente volontiers les falaises.


  • Aristote ca.350 BC – [AP]
  • Bailly J.B. 1853-54 – Ornithologie de Savoie. – Paris, Chambéry, 5 volumes.
  • Belon du Mans P. 1555 – L’histoire de la nature des oyseaux. – Paris.
  • Crespon J. 1844 – Faune méridionale. – Nîmes, Montpellier, 2 volumes.
  • Degland C.D. & Gerbe Z. 1867 – Ornithologie européenne. Tome 1. – Baillières et Fils, Paris.
  • Etoc G. 1909 – Les Oiseaux de France. Leurs œufs et leurs nids. – Revue française d’Ornithologie, 4+5/6.
  • L’Hermitte J. 1915 – Contribution à l’étude ornithologique de Provence. – Revue française d’Ornithologie, 79.
  • Lavauden L. 1910 – Catalogue des oiseaux du Dauphiné. – Bull. Soc. Et. Biol., 2 : 173-223.
  • Ménégaux A. 1932-39 – Oiseaux de France. 4 volumes. – Lechevalier, Paris.
  • Pline ca.50 – [AP]